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Le communiqué

Tant qu’il le faudra

Les Organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNL et UNEF soulignent la détermination affichée encore ce 20 février, par les manifestants et manifestantes dans tout le pays, après plus de deux mois et demi de mobilisation continue malgré les entraves au droit de manifester et aux libertés syndicales.

Le projet de système par points représente un recul pour les droits à la retraite de toutes les générations et particulièrement des jeunes. Le refus de ce projet est là et ancré parmi les salarié.es du privé comme du public.

Le gouvernement et sa majorité doivent se rendre à l’évidence. Les formules générales et les slogans, très souvent mensongers, ne trompent personne. Les critiques et les oppositions se multiplient. Si l’exécutif est poussé dans ses retranchements, pour autant, les OS n’accepteront pas un passage en force au parlement.

Le gouvernement s’obstine alors qu’il est incapable de fournir une évaluation sincère sur l’impact financier et de lever les incertitudes sur le montant des pensions et l’âge de départ à la retraite. Ce qu’a souligné sévèrement le Conseil d’État.

Le gouvernement refuse d’aborder la question du partage des richesses pour financer les retraites et se place dans une logique de croissance infinie.

D’autre part, les débats à l’assemblée confirment que l’âge d’équilibre, clé de voute de leur système, conduira à imposer un départ à 65 ans et au-delà.

Les travailleuses et les travailleurs ne baisseront pas les bras aussi longtemps que le gouvernement ne retirera pas son projet.

Parce qu’elles contestent le cadrage gouvernemental imposé pour la conférence de l’équilibre et du financement, les organisations tiendront leur propre conférence sur le système de retraite. Lors de cet événement, des experts et des économistes interviendront pour un vrai débat contradictoire sans lettre de cadrage ! Cette initiative sera déclinée sur tout le territoire.

Les Organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNL et UNEF dénoncent toutes les inégalités subies par les femmes aggravées par le projet de réforme des retraites. Elles appellent à s’inscrire et organiser des actions et manifestations pour l’égalité tout au long de la vie entre les femmes et les hommes lors de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes le 8 mars et autour de cette date.

Les Organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNL et UNEF appellent à poursuivre les actions sans relâche, sous toutes les formes décidées localement. Elles préparent, dans ce cadre, une grande journée de grève interprofessionnelle et de manifestations dans tout le pays mardi 31 mars pour faire échec à ce projet de loi.
Les Organisations décident de se revoir très prochainement.

Paris, le 20 février 2020

C'est par un large appel diffusé depuis près d'un an que le collectif pour les droits des femmes annonce vouloir faire du week-end du 8 mars une grande mobilisation. Des marches sont prévues ce jour-là dans de nombreuses villes. 

C’est habillé en « Rosie la riveteuse » que les cheminotes, infirmières, hôtesses, agentes du nettoyage, ouvrières, caissières, enseignantes, cadres, étudiantes, travailleuses indépendantes, artistes, avocates, retraitées... danseront et chanteront d’une même voix pour exiger notamment le retrait de la réforme des retraites et refuser qu’« à cause de Macron, grandes perdantes nous soyons ».

« Pour devenir les grandes gagnantes de ce 8 mars  », conclu l’appel, « les femmes se lèvent et luttent pour l’égalité et leur émancipation !»

Lire l'appel 

Dans un "quatre pages" spécial, le collectif national RASED qui regroupe associations professionnelles, syndicats enseignants et organisation de parents rappelle que le dispositif d’aide aux élèves en difficultés doit retrouver ses moyens d’agir.
Alors que « les réseaux d’aide ont perdu un tiers de leurs effectifs entre 2008 et 2012 », rappelle le collectif, les aides spécialisées ont bien du mal à couvrir tout le territoire national. Une série de cartes montre par exemple que la quasi-totalité des départements français ne dispose plus que d’une seule aide à dominante relationnelle (ancienne option G) pour plus de 1250 élèves et que certains n'en disposent plus du tout. Autant dire que les enseignants et les enseignantes des écoles, les familles et les élèves ont perdu la possibilité réelle de faire appel à ce dispositif d’aide dans le quotidien de la classe et des écoles pour prendre en charge la difficulté scolaire.

Enfin, le collectif pointe que « le contexte de la prise en charge de la difficulté scolaire repose aujourd’hui de plus en plus sur des réponses standardisées dictées par les évaluations nationales, à l’aune des neurosciences et de ses protocoles ». Une façon de faire bien éloignée des aides spécialisées des réseaux d’aide qui relèvent au contraire d’une approche cousu-mains « co-construite avec les équipes et les familles pour mettre en place des remédiations appropriées », indique le collectif.

Le collectif rappelle enfin que la circulaire de 2014 fixant le cadre de travail des réseaux d’aide est toujours en vigueur et revendique que des postes soient à nouveau ouverts. Les organisations représentatives demandent que les deux dominantes du parcours « travailler en RASED » restent clairement identifiées et surtout proposées sur tout le territoire pour la formation CAPPEI des enseignantes et enseignants spécialisés. 

« Plus aucun élève en situation de handicap ne devra se trouver sans solution à la rentrée prochaine  » a annoncé le Président de la République à l'occasion de la conférence nationale du handicap. Une belle ambition qui aura bien du mal à se concrétiser sans l'engagement des personnels accompagnants. Et pourtant, dénonce le SNUipp-FSU dans un communiqué, « les AESH sont les grand oubliés de la conférence nationale du handicap ». Ils et elles attendent « des améliorations de leurs conditions de travail et de la reconnaissance professionnelle ».

Le communiqué 

AESH, les grands oubliés de la conférence nationale du handicap

Quinze ans, jour pour jour, après la promulgation de la loi de 2005, la cinquième conférence nationale du handicap visait à faire le point sur les orientations politiques et à décliner les engagements à venir pour les personnes en situation de handicap. Si la réussite de l’école inclusive figure parmi les douze engagements, en revanche, les personnels accompagnants, qui occupent pourtant une place centrale dans la poursuite et la réussite de la scolarité des élèves concernés, sont les grands oubliés des mesures annoncées.

Les évolutions tant attendues, en termes de statut, de hausse de salaire, de temps complet, d’amélioration des conditions de travail et de reconnaissance professionnelle sont renvoyées à de nouveaux groupes de travail programmés au premier trimestre 2020. L’année commence donc comme se sont achevées les précédentes : avec des promesses d’amélioration des conditions d’emploi qui ne se concrétisent pas !

Le SNUipp-FSU tire la sonnette d’alarme sur le quotidien de travail des AESH, particulièrement dégradé par la généralisation des PIAL en septembre dernier. Un grand nombre font le choix d’un autre métier en raison de la précarité subie et il devient de plus en plus difficile de recruter ces personnels qui exercent pourtant une mission essentielle du service public d’éducation.

La cinquième Conférence du handicap aurait dû s’engager dans la création d’un véritable métier. Il est plus que temps que ces personnels soient reconnus, valorisés et pleinement intégrés dans la Fonction publique.
Le SNUipp-FSU les appellera à se mobiliser pour gagner cette reconnaissance professionnelle.

Paris, le 12 février 2020

Le communiqué

Le retrait, point.

Les journées des 5 et 6 février ont été de nouveaux temps forts de mobilisations et de grèves, de la jeunesse et des salarié.es.

Chaque semaine et ce depuis le 5 décembre, des A.G se multiplient sur les lieux de travail, dans les lycées et universités malgré les diverses pressions. En aucun cas la réponse à la crise sociale ne peut être une répression à l’encontre de celles et ceux qui expriment un désaccord.

Chaque jour des actions et des initiatives sont organisées dans tous les territoires. Le rejet de la réforme et la détermination d’obtenir le retrait sont intacts et se propagent de manière inéluctable.

Notre intersyndicale partage et porte des propositions sur le financement et l’amélioration de notre système de retraite solidaire et intergénérationnel. Elle travaille à l’organisation d’une contre-conférence nationale courant mars, déclinée localement, pour débattre largement et publiquement des solutions et propositions envisageables pour un projet sérieux d’amélioration des régimes de retraite.

De même, au-delà de l’opinion publique défavorable au projet de réforme, les différentes caisses de retraites comme les institutions, dont la plus haute, celle du Conseil d’Etat, ont toutes acté un avis critique voire négatif. Continuer à vouloir imposer ce projet relève de la part du gouvernement d’un vrai déni de démocratie.

Nos organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNL et UNEF sont persuadées que cette mobilisation inédite et historique vaincra.

Elles appellent au renforcement et à la continuité de la mobilisation et de la grève là où les salarié.es le décident. Elles engagent à tenir des AG, à poursuivre durant la période à venir des actions diverses de mobilisations et d’informations larges de la population, à multiplier les initiatives locales et interprofessionnelles pour créer les conditions d’une journée d’ampleur.

Elles appellent à préparer d’ores et déjà de nouveaux temps forts de mobilisation, autour du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Elles seraient effectivement les plus grandes perdantes, avec ce projet de loi sur les retraites.

C’est dans ce contexte de mobilisation continue que nos organisations syndicales et de jeunesse, appellent l’ensemble de la jeunesse, des salarié.es, des privé.es d’emploi, des retraité.es à une nouvelle journée de convergence de grèves et de manifestations le 20 février.

L’intersyndicale se réunira le 20 février pour définir les suites.

Montreuil, le 6 février 2020

Dans le cadre d’une réforme des retraites qui ferait perdre plus de 600 euros de pension mensuelle moyenne aux générations nées après 1975, les propositions du ministère pour 2021 se situent dans le cadre étriqué d’une somme globale de 500 millions pour plus de 900 000 personnels concernés… 4 scénarios ont été dévoilées et mettraient en place une « prime d’attractivité du métier » dégressive avec l’ancienneté dans la carrière. Son montant serait variable en fonction du nombre de personnels concernés, la volonté du ministère étant de valoriser en premier lieu les débuts de carrière. Le premier scénario ne toucherait que les 9 premières années de carrière (14 % des enseignants) ; le deuxième les 12 premières années (23 % des enseignants) ; le troisième les 18 premières années (44 % des enseignants) ; le quatrième toute la classe normale (76 % des enseignants). Dans ce dernier scénario par exemple, l’indemnité se monterait à un peu plus de 90 euros nets mensuels en début de grille à moins de 15 euros en fin de grille.

Cette revalorisation se ferait sous forme de primes indemnitaire pour toutes et tous et perdureraient au-delà de 2021. Par ailleurs le ministère s’est également engagé sur l’amélioration des conditions d’accès à la Hors-classe et à la classe exceptionnelle.
Enfin deux autres mesures seraient financées sur cette même enveloppe de 500 millions : des temps de formation continue rémunérés pendant les vacances ainsi que le développement des heures supplémentaires effectives (HSE) dans le second degré. Autant dire la mise en place d’un « travailler plus pour gagner plus », alors même que la revalorisation devrait entièrement porter sur la reconnaissance de la réalité du travail visible comme invisible qui n’est plus à démontrer dans la profession.

Une bien maigre revalorisation

Même si cette première concrétisation est à mettre complètement à l’actif des mobilisations enseignantes depuis le 5 décembre dernier, elle reste d’une part complètement corrélée à la question des retraites et surtout ne correspond pas à la hauteur du déclassement salarial que subissent les enseignantes et les enseignants français. Ainsi en ne s’engageant que sur une première enveloppe de 500 millions et sur une loi de programmation pluriannuelle sur 5 ans débordant la mandature actuelle et avec, a priori, 500 millions supplémentaires chaque année, le ministère n’affiche même plus l’objectif des 10 milliards qui avait pourtant été annoncé plusieurs fois face caméra. On est loin pour l’instant de la mise en œuvre d’une véritable loi de programmation pluriannuelle ambitieuse permettant de revaloriser très rapidement l’ensemble de la profession et d’améliorer fortement l’attractivité du métier.

Une revalo en forme de leurre pour modifier le métier ?

Ces annonces sur la revalorisation ont été précédées de trois ateliers de travail au ministère revisitant les missions des personnels enseignants avec l’idée d’évoluer vers une « meilleure gestion des ressources humaines ». S’il est vrai qu’en la matière la marge de progrès est conséquente pour ce ministère-employeur, ses objectifs sont en contradiction avec ce qui fait la culture du métier. « Individualisation des carrières », « développement des postes à profil », « introduction de la direction d’école dans la chaine hiérarchique », autant d’objectifs plus ou moins avoués qui viennent donner une couleur managériale bien éloignée des valeurs de l’école et surtout de ses besoins pour améliorer la réussite de tous les élèves. Développer les collectifs de travail ne peut consister à imposer des pratiques et des fonctionnements, comme peut le laisser à penser la recherche d’un « meilleur pilotage » cher à ce ministre…

Le sujet de la revalorisation du métier enseignant doit être déconnecté du dossier des retraites. Ce métier ne s’exerce pas au mérite. Il mérite tout au contraire une véritable reconnaissance financière pour en améliorer ses conditions d’exercice et d’attractivité et ce sans aucune contrepartie supplémentaire. Il reste encore bien du chemin à faire. Le ministère ne l’entend pas. Le SNUipp-FSU, avec les syndicats de l’éducation de la FSU, va rencontrer les autres organisations syndicales pour envisager avec eux une mobilisation à la mi-mars.

Accès à la hors classe

La note de service 2020

La note de service rappelle que les personnels se trouvant dans certaines positions de disponibilité depuis le 7 septembre 2018 et qui exercent une activité professionnelle conservent leurs droits à avancement. Ils sont donc éligibles à la hors classe, dès lors qu'ils comptent au moins deux ans d'ancienneté dans le 9ème échelon de la classe normale au 31 août 2020.

Le texte supprime toute référence aux anciennes notes pédagogiques arrêtées au 31 août 2016 ou 2017. Pour les personnels qui n'ont pas eu d’avis lors des deux campagnes précédentes ou qui n'ont pas pu bénéficier du 3ème rendez-vous de carrière), l'appréciation de la valeur professionnelle par le DASEN se fondera sur le CV et sur l'avis de l'IEN ou de l'autorité auprès de laquelle ils exercent leurs fonctions.

Important : un arrêté publié au JO du 10 janvier 2020 relève le taux d'accès à la hors classe des professeurs des écoles à 17%. Il était de 15,10% en 2019. Ce taux, conformément aux accords PPCR mis en place sous le précédent quinquennat est désormais identique à celui du 2nd degré. Cela devrait correspondre à environ 2000 promotions supplémentaires.

Accès à la classe exceptionnelle

La note de service 2020

Elle rappelle l'éligibilité des personnels placés dans certaines positions de disponibilité et qui exercent une activité professionnelle (voir plus haut), dès lors qu'ils remplissent les conditions d'inscription au vivier 1 ou au vivier 2 au 31 août 2020.

Pour les personnels qui continuent d'exercer leurs fonctions dans un établissement relevant d'un dispositif de l'éducation prioritaire éligible mais ayant perdu la labellisation « éducation prioritaire », les services effectués sont comptabilisés pour la durée accomplie au-delà de la date du déclassement, dans la limite de cinq ans au lieu de quatre l'an dernier.

Consulter : la liste des écoles et des établissements scolaires ayant relevé d'un dispositif d'éducation prioritaire entre les années scolaires 1982-1983 et 2014-2015

Rappel : il est encore nécessaire, lors de cette campagne 2020, de faire acte de candidature au titre du vivier 1.

Il y a quelque chose de consternant, dans la décision prise par l’administration de prélever une journée de salaire aux quelque 3 000 enseignantes et enseignants des écoles qui, le 3 octobre dernier, ont rendu un dernier hommage à leur collègue Christine Renon, directrice à Pantin qui s’était donnée la mort quelques jours plus tôt.
Une froideur technocratique qui laisse pantois. Car bien sûr, réglementairement, c’était une journée de grève. Et alors ? Comment faire autrement, ce jeudi d'obsèques, pour exprimer son émotion, sa douleur et sa colère ? La FSU avait d’ailleurs demandé officiellement « que cette journée ne donne pas lieu à retenue sur salaire pour les collègues qui se sont mis en grève pour montrer leur soutien et leur indignation, car personne ne devrait mourir de son travail. », s’indigne le SNUipp-FSU dans un courrier adressé le 3 février au ministre de l’Éducation nationale.
Une lettre dans laquelle le syndicat lui demande donc solennellement de renoncer au prélèvement de cette journée de grève au caractère oh combien symbolique. Réparer une décision imbécile de son administration, voilà qui grandirait la rue de Grenelle…

« Nous affirmons que contrairement aux annonces du gouvernement, les femmes seront les grandes perdantes de cette réforme. Nous dénonçons cette gouvernance qui tente de nous instrumentaliser en prétendant le contraire pour justifier une réforme injuste et inégalitaire majoritairement rejetée par la population ».

Le 29 janvier, Médiapart publiait une tribune rédigée par un collectif de femmes syndicalistes de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Elles y expliquent en quoi le projet de réforme porté par le gouvernement ferait d’elles les « grandes perdantes plutôt que les grandes gagnantes ». 

Lire la tribune 

L’avis du Conseil d’État est cinglant. Il indique notamment qu’une loi de programmation visant à amortir les effets négatifs de la réforme des retraites pour les personnels enseignants serait frappée d’inconstitutionnalité. L’annonce martelée par Matignon et la rue de Grenelle d’une revalorisation substantielle des enseignantes et des enseignants des écoles ne reste donc qu’une promesse. Une promesse qui, selon l’adage, n’engage que celles et ceux qui y croient. Les PE ont donc toutes les raisons de poursuivre leur mobilisation contre ce projet de réforme injuste.
Aussi, le SNUipp, avec la FSU et l’intersyndicale les appelle à une nouvelle journée interprofessionnelle de grève et de manifestations le jeudi 6 janvier, ainsi qu’à l’ensemble des initiatives qui s’organisent dans cette période pour obtenir le retrait de la réforme.

Le communiqué intersyndical

Mobilisé·es et toujours aussi déterminé·es

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, MNL, UNL se félicitent de l’importance des mobilisations pour le retrait du projet de réforme des retraites du Gouvernement. Le soutien de la population au mouvement social s’amplifie, des initiatives unitaires sont prises sur tout le territoire, les journées de grèves et de manifestations du vendredi 24 et du mercredi 29 janvier ont encore rassemblé des centaines de milliers de personnes. C’est la preuve d'un rejet massif des propositions portées par le Gouvernement.

L’avis du Conseil d’État est un désaveu cinglant à la stratégie gouvernementale. Cette réforme est décidément injuste et dangereuse. Il confirme nos analyses d’une réforme qui méprise les formes réglementaires et législatives et, sur le fond, fait ressortir le flou du projet. Il pointe les biais de l’étude d’impact et des 29 ordonnances auxquelles le texte du projet de loi renvoie comme autant d'éléments qui masquent la réalité de la réforme. Il contredit les engagements de compensation aux dégâts de la réforme que le gouvernement avait fait miroiter pour certaines catégories.

A la veille de l’ouverture de la « conférence des financeurs », nos organisations syndicales réaffirment leurs propositions d’augmentation des recettes des régimes de retraites, qui passent par une meilleure répartition des richesses créées par le travail des salarié·es.

Une mobilisation historique par sa force et sa durée, le soutien sans faille de l’opinion publique, l’avis du Conseil d’État : le projet de réforme des retraites n’a jamais été si fragile. Les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, MNL, UNL appellent l’ensemble du monde du travail et la jeunesse à poursuivre et à amplifier, dans tous les secteurs, la mobilisation dès maintenant et tout au long du débat parlementaire qui s’ouvre la semaine prochaine par des actions diversifiées : rassemblements, retraites aux flambeaux, dépôts d’outils symboliques des métiers, etc. Il n’y aura pas de trêve. Des actions de mobilisation sont déjà prévues la semaine prochaine. Le 5 février, les organisations soutiennent l’initiative de mobilisation des organisations de jeunesse et encouragent à construire des initiatives locales et diversifiées.

Elles appellent à faire du jeudi 6 février une nouvelle journée interprofessionnelle de grève et de manifestations à l’occasion du début des travaux de la commission spéciale de l’Assemblée nationale. Elles appellent à interpeller les parlementaires. Elles mettent en perspective des actions de mobilisation notamment la semaine d’ouverture des travaux à l’Assemblée nationale et tout au long des débats parlementaires. Elles décident de se réunir à nouveau le 6 février au soir.

Les lilas, le 29 janvier 2020

Cette détermination dans la lutte par des actions multiples menées depuis le 5 décembre dernier vient de trouver un écho particulier dans l’avis que vient de rendre le conseil d’état sur le projet de loi de retraite par points.

Un avis du conseil d’état

Dans un arrêt, rendu public samedi, les sages du palais royal se sont montrés très critiques vis-à-vis du projet de réforme des retraites en commençant par dénoncer le fait de n'avoir disposé que de trois semaines pour étudier le texte sur la forme. Parmi les nombreuses difficultés juridiques soulevées, la probable non-constitutionnalité d’un paragraphe spécifique sur la sécurisation des pensions pour les seuls enseignants et enseignantes. 

La plus haute juridiction française a également pointé de nombreuses incertitudes sur la sécurisation financière de la réforme et a prédit que la discussion parlementaire prendrait plus de temps que prévu dans le calendrier. Dans son avis il enjoint le gouvernement à davantage de clarté sur ce qu'il en est du droit et du montant de la pension des futur·es retraitées. « Il y a dans le système actuel une lisibilité prévisionnelle qu'on ne retrouve pas dans le nouveau système proposé », précise le texte.  Une évidence qui se retrouve bien dans l'incapacité du gouvernement lui-même à fournir des scénarios stabilisés de calcul de pension. 

Autant dire que cet avis de la cour des sages vient comme une grosse épine dans les bottes du gouvernement. 

Mobilisation le 29 janvier

Aussi Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNL et UNEF appellent à faire du mercredi 29 janvier, veille de la conférence de financement, une journée massive de grève et de manifestations interprofessionnelles et intergénérationnelles. Elles appellent à poursuivre le renforcement et l’élargissement de la mobilisation en multipliant les initiatives les jeudi et vendredi qui suivent notamment avec des retraites aux flambeaux, des dépôts d’outils de travail, des assemblées générales, des initiatives en direction de la population.

Tout le monde le sait, les enseignantes et les enseignants seraient les grands perdants d’une retraite par points. Aussi, le ministère entame un cycle de discussions qui se poursuivra jusqu’en juin pour élaborer les compensations et n’envisage la revalorisation que sous cet angle.
Une première rencontre s’est tenue le 23 janvier dans un contexte de défiance et de fort mal-être de la profession. Elle s’inscrivait dans le cadre de la concertation prévue de janvier à mars sur le chantier de réforme des retraites. Un séminaire en présence du ministre conclura cette première phase fin mars 2020, avant l’ouverture d’une phase de négociation d’avril à juin.
Pour l’heure, la rue de Grenelle continue de n’envisager la revalorisation des PE qu’en compensation des effets négatifs de la mise en place d’une retraite par points.
Au cours de la réunion, pas d’engagement réel du ministère qui a seulement confirmé l’enveloppe supplémentaire de 500 millions sur le budget 2021 et annoncé une loi de programmation pour la période de 2022 à 2026 qui serait complétée d’un rapport pour projeter les dépenses sur une durée plus longue. Un rapport… autant dire qu’on est loin d’une assurance de financement qui permettrait de rendre crédible la promesse des fameux 10 milliards s’étalant jusqu’en 2037.

Pas de contreparties

  De plus, le ministère a souhaité balayer les différentes missions exercées par les PE. « Enseignement, accompagnement des élèves, relations aux familles, continuité du service publics » : sur chacun de ces points, la rue de Grenelle reste évasive et ne dit pas, pour l’instant, comment elle veut faire évoluer les missions des PE. Sans doute, le contexte n’est-il pas à la divulgation de contreparties et donc d’une charge à la hausse.

Pour le SNUipp-FSU, il ne saurait être question que la charge de travail augmente en échange d’une revalorisation salariale. C’est pourquoi le syndicat a redit son opposition à une formation continue obligatoire pendant les vacances, même rémunérée. Il a aussi rappelé la nécessité de reconnaître l’ensemble du travail « invisible » effectué par les PE qui dépasse largement le cadre des 108 heures annuelles réglementaires.
Il a enfin décliné ses revendications : 

  • le triplement de l’ISAE pour reconnaitre l’ensemble des missions et des heures déjà effectuées par la profession. 
  • la création d’une indemnité d’équipement afin que les personnels n’aient plus à financer eux-mêmes leurs outils de travail. 
  • Une augmentation de l’ensemble des indemnités et que toutes et tous les PE en bénéficient.

Le SNUipp-FSU réclame une revalorisation qui soit déconnectée du dossier des retraites, en agissant sur la grille des salaires avec un accès pour toutes et tous aux indices terminaux du corps des PE. Il s’oppose à toute contrepartie ou prime au mérite et réclame le maintien du pouvoir d’achat en augmentant fortement la valeur du point d’indice.

Paie Pension janvier  mercredi 29  jeudi 30 février mercredi 26 jeudi 27 mars vendredi 27 lundi 30 avril mardi 28 mercredi 29 mai mercredi 27 jeudi 28 juin vendredi 26 lundi 29 juillet mercredi 29 jeudi 30 août jeudi 27 vendredi 28 septembre lundi 28 mardi 29 octobre mercredi 28 jeudi 29 novembre jeudi 26 vendredi 27 décembre mardi 22 mercredi 23

Pour mener leur enquête, les inspecteurs généraux se sont déplacés dans 43 écoles choisies par les DASEN des départements concernés, ce qui oblige les rapporteurs à prévenir que cela ne constitue pas un échantillon représentatif. Et malgré le choix des écoles, qu’on imagine volontiers triées sur le volet, un tiers tout de même des personnels interrogés ont marqué leur indifférence vis-à-vis de cet outil aux inspecteurs de la rue de Grenelle. Et quand ceux-ci, voient dans la disparition des « évaluations maisons » de début d’année une évolution positive, on pourrait tout au contraire y voir la traduction concrète de la dépossession de la professionnalité des équipes au service d’un outil qui ne sert finalement que la communication ministérielle. Car si 2/3 des enseignantes et enseignants visités disent adhérer aux évaluations, ils sont tout autant à ne pas savoir qu’en faire.

Teaching to the test

Ces évaluations, le ministère souhaite les utiliser pour repenser les enseignements du cycle 1 et 2. Une volonté de pilotage des apprentissages par les évaluations que d’autres pays ont déjà essayé. Cette dérive, bien connue sous le nom de « Teaching to the test » consiste à prioriser les enseignements sur ce qui est évalué dans les tests standardisés. Ce recentrage sur les compétences instrumentales dites « fondamentales » ne permet pas, bien au contraire de lutter contre les inégalités sociales de destin scolaire. Une dérive que le SNUipp-FSU ne cessera de dénoncer et qui l'amène à soutenir toutes les actions menées par les écoles contre cette dé-professionnalisation du métier. Une lettre commune signée d'un collectif d'associations professionnelles, de mouvements pédagogiques et d'autres syndicats est partie à l'adresse du ministre pour lui rappeler l'opposition partagée à ce dispositif d'évaluations et dénoncer les pressions que subissent certaines équipes. 

Un observatoire du métier

Dans le même temps, le syndicat propose à tous les enseignants et les enseignantes de se saisir de l’observatoire du métier qu’il a mis en place en novembre dernier, pour témoigner de ce qui fait le quotidien du métier. Les empêchements, les injonctions, mais aussi à l’inverse toutes les trouvailles, réussites et projets d’équipe qui permettent de continuer à trouver du sens et à tout mettre en œuvre pour conduire les élèves à progresser dans leurs apprentissages.

En décembre dernier, le ministère annonçait une réorganisation des missions de Canopé. L'opérateur public, sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale, est l’un des principaux producteurs de ressources éducatives à l’intention des enseignants. Pourtant, la rue de Grenelle a décidé de le démanteler pour des raisons strictement budgétaires. L’édition papier, qui est l’une des principales missions de Canopé est vouée à disparaître dès janvier 2021. Mais ce n’est pas tout, cette baisse drastique des budgets se traduira par le démembrement sur tout le territoire du maillage de Canopé, en supprimant de nombreux postes au passage.

Le SNUipp, avec la FSU, est au côté des personnels dans leur lutte pour le maintien du réseau Canopé. Il invite tous les personnels à signer la pétition de soutien.

Signer en ligne


Lancée depuis le 5 décembre dernier, avec plusieurs temps forts toutes ces dernières semaines, la mobilisation se poursuit contre une réforme des retraites injuste pour l’ensemble du monde du travail et tout particulièrement pour les enseignantes et les enseignants des écoles.
Les annonces d’un retrait « provisoire » de l’âge d’équilibre pour bénéficier d’une pension à taux plein ne trompent personne, pas plus que les promesses d’une revalorisation salariale pour les personnels enseignants dont on ne sait toujours pas à qui elle bénéficiera, pour quel montant, dans quels délais et en échange de quoi.
Et les 500 millions d’euros promis en 2021 par la rue de Grenelle, les dix milliards évoqués à l’horizon 2037, tout comme l’augmentation de quelques dizaines d’euros annoncée par le ministre pour les débuts de carrière, restent à concrétiser.

Trois journées d’action

Quoi qu’il en soit, les PE ont tout à perdre d'un nouveau calcul de leur pension effectué non plus à partir de leur salaire des six derniers mois d’activité, mais sur l’ensemble de leur carrière. Quoi qu’en dise la communication du gouvernement, les femmes, qui perçoivent déjà aujourd’hui une pension inférieure à celle de leurs collègues masculins et constituent la grande majorité de la profession, seraient encore plus pénalisées par ces nouvelles dispositions.
Enfin, avec cette réforme, l’âge de départ requis pour bénéficier d’une pension à taux plein va continuer à reculer. Ce qui contraindra notamment les générations nées à partir de 1975, soit à travailler au-delà de 64 ans, soit à partir avec une pension sensiblement réduite.

Pour toutes ces raisons, le SNUipp, avec la FSU et les autres organisations réunies dans l’intersyndicale, invite l’ensemble des personnels à participer aux mobilisations multiformes organisées les 22 et 23 janvier prochains. Il les appelle à être massivement en grève et à manifester partout en France le 24, jour où le projet de réforme sera présenté en conseil des ministres.

500 millions ce serait pour 2021, et « le début d’un processus cumulatif sur plusieurs années », a annoncé Jean-Michel Blanquer lors de sa rencontre avec la FSU, lundi 13 janvier en fin d'après-midi. 

Si cette somme annoncée semble être un engagement ferme, elle n’annonce rien des suites ni mêmes de la répartition de cette enveloppe. Rapportée au million d’enseignants, elle représente une quarantaine d’euros par mois d’augmentation. « Aussi il est fort à craindre, comme l’a laissé entendre le ministre que tout le monde ne soit pas concerné et que cette mesure ne vise qu’à tenter de palier les conséquences de la réforme des retraites par points, notamment pour les générations nées à partir de 1975 », s’inquiète Benoit Teste, secrétaire général de la FSU, dans un entretien accordé au Café pédagogique.

Pas pour tout le monde ?

Difficile pourtant de concevoir qu’une augmentation salariale pourrait ne pas concerner qu’une partie des enseignants et enseignantes alors même que le déclassement salarial de toute la profession n’est plus à démontrer.
Pour l’heure, aucune précision n’a été donnée sur les modalités d’utilisation de cette enveloppe. Points d’indice, primes, indemnités, rien ne semble arrêté, même si le ministre a évoqué la possibilité d’une augmentation de l’ISOE et de l’ISAE.

Enfin, cerise sur le gâteau, le ministre a évoqué, comme cela avait déjà été fait par voie de presse, qu’il travaillait à revoir les missions des personnels notamment sur le suivi et l’orientation des élèves… Un accroissement des tâches en contrepartie d’une augmentation salariale ? Introduction d’une rémunération au mérite en fonction des missions prises ? Toutes ces questions ne sont pas réglées, comme ne l’est pas non plus la nécessaire revalorisation dont doit urgemment bénéficier l’ensemble des personnels des écoles.
Quoi qu’il en soit, cette première prise en compte - aussi minime soit-elle - de la situation particulière des personnels enseignants est à mettre au crédit des mobilisations de ces dernières semaines. Des mobilisations qui se poursuivent toute cette semaine pour que le projet de réforme des retraites soit retiré.

Après de premières manifestations réussies sur tout le territoire un samedi, la mobilisation se poursuit contre une réforme des retraites qui pénaliserait tous les salariés et tout particulièrement les enseignantes et les enseignants.
Le Premier ministre a annoncé un retrait, très provisoire, de l’âge pivot censé monter en puissance jusqu’en 2027, mais pas de l’âge d’équilibre du nouveau régime qui reste lui acté dès 2037. C’est une annonce en trompe-l’œil qui ne change rien à la teneur très régressive de cette réforme, au fait qu’il faudra travailler plus longtemps avec des pensions amoindries. On revient au projet tel qu’il était connu le 5 décembre 2019, suscitant une mobilisation historique pour le dénoncer. Il n’est pas question d’accepter que les plus jeunes de nos collègues, tout comme l’ensemble des jeunes entrant dans le monde du travail paient le prix d’une réforme inique.
Car pour les enseignantes et les enseignants qui débutent leur carrière en moyenne à 26 ans, cela ne change rien sur les pertes de 600 à 900€ pour les générations 75 et après.
L’intersyndicale appelle l’ensemble du monde du travail à la grève le mardi 14 janvier et à poursuivre la mobilisation les jours suivants avec des initiatives d’actions diverses le mercredi 15, avant une nouvelle journée de grèves et de manifestations jeudi 16 janvier. Il faut durcir le ton pour obtenir l’abandon de la réforme.

Le communiqué intersyndical

Jusqu’à la victoire

Les 9, 10 et 11 janvier les mobilisations auront été d’une grande force. Ce samedi 11 janvier elles ont pris de l'ampleur avec un caractère interprofessionnel et transgénérationnel marqué. Ces journées marquent une étape importante dans la mobilisation par la grève lancée depuis le 5 décembre.
Cela montre la détermination et le refus de ce projet absurde de régime unique de retraites par points par une majorité de la population, malgré toutes les tentatives et manipulations du gouvernement.
Suite aux annonces d'aujourd'hui, non seulement l'âge pivot n'est pas retiré mais en plus le Premier ministre confirme sa détermination à reculer l'âge de départ à la retraite en refusant toute augmentation de cotisation sociale.

Les organisations syndicales CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, MNL exigent le maintien du système de retraite existant par répartition solidaire et intergénérationnelle et par annuité. Elles portent en commun des propositions pour améliorer les droits de toutes et de tous. Pour ce faire, il faut augmenter les financements assis sur les cotisations sociales et les richesses produites par le travail.

Contrairement aux affirmations du gouvernement, les femmes ne sont pas gagnantes !
Concernant les carrières heurtées, ce projet qui prendra en compte toute la carrière, aura pour conséquence d’augmenter les écarts de pension déjà grands entre les femmes et les hommes.
C’est pourquoi nos organisations appellent à continuer et amplifier encore la mobilisation par la grève et les manifestations dès la semaine prochaine pour obtenir le retrait de ce projet et l’ouverture de véritables négociations sur l’emploi, les salaires, la fin de la précarité notamment étudiante, les cotisations et l’amélioration du droit à la retraite dans le cadre du système et des régimes existants.

Les organisations syndicales CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNEF et UNL appellent l’ensemble du monde du travail et la jeunesse à poursuivre et renforcer la grève y compris reconductible là où les salarié-es le décident.

Elles appellent à organiser des actions de grève, de convergences interprofessionnelles sur tout le territoire, en rejoignant massivement par la grève le mouvement le 14 janvier.
Elles appellent à poursuivre les actions et la mobilisation le 15 et à faire du 16 une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grèves et de manifestations.

Elles décident de se revoir en intersyndicale dès le mercredi 15 janvier 2020 au soir.

Paris, le samedi 11 janvier 2020

Le communiqué 

Réforme des retraites : la FSU appelle à un élargissement du mouvement

La diffusion de l’avant-projet de loi ainsi que le courrier du Premier Ministre aux organisations syndicales le 11 janvier n’ont fait que confirmer les craintes de la FSU et amplifier sa détermination à continuer la mobilisation. La réforme est bel et bien maintenue par le gouvernement malgré le mouvement social en cours et pour lequel le soutien de l’opinion se renforce encore.

Dans son courrier, le Premier Ministre confirme que l’âge pivot sera effectivement appliqué dans le système universel qu’il prévoit. La petite ouverture sur un « retrait provisoire » de cet âge pivot en tant que mesure paramétrique immédiate est tout de suite assortie de deux verrous : d’une part, cet âge d’équilibre figurera bel et bien dans la future réforme, et d’autre part le Premier Ministre prend soin de préciser que « le coût du travail » ne doit en aucun cas être augmenté. Il exclut donc toute augmentation des cotisations patronales.
Cela signifie d’emblée qu’il interdit d’agir sur les taux et assiettes de cotisations et donc de rechercher des financements nouveaux, préférant des mesures qui, d’une manière ou d’une autre, en jouant sur les âges, les durées ou encore d’autres modalités, réduiraient les droits des seul-es salarié-es. Ce n’est donc pas une avancée.
Par ailleurs, la FSU sera reçue à l’Éducation Nationale demain, lundi 13 janvier, à 17h30 sur la question des salaires. Elle ne dispose pas d’éléments à cette heure sur le niveau, les modalités et les éventuelles contreparties en termes de charge de travail des « compensations à la réforme » pour les enseignant-es annoncées par JM Blanquer. La FSU refuse cette logique de compensation puisqu’elle ne veut pas de cette réforme et que la question de la revalorisation est, pour elle, déconnectée de la réforme des retraites. En revanche, elle attend du Ministre que des propositions concrètes et chiffrées soient enfin mises sur la table afin de procéder à une revalorisation salariale légitime. La FSU rappelle que ce sont les carrières et les salaires de tous les personnels de l’éducation qu’il faut revaloriser avec une attention particulière aux inégalités professionnelles femmes / hommes et elle fera lors de cette réunion ses propres propositions en ce sens.
La FSU porte aussi ses exigences de revalorisation et de résorption des inégalités salariales au niveau de l’ensemble de la Fonction publique ; elle rappelle que de nombreux agent-es publics, notamment de catégorie C, ont de très faibles revenus et que beaucoup ont, comme les enseignant-es, un régime indemnitaire faible.

La FSU soutient toutes les actions en cours pour faire échec au projet de réforme des retraites ; elle appelle à faire lundi des réunions et assemblées générales et à faire du mardi 14 janvier une journée nationale de grève interprofessionnelle et de manifestations dans tout le pays.
Elle appelle à poursuivre ce mouvement sur les deux jours suivants : mercredi 15 et jeudi 16 janvier, des actions diverses sont d’ores et déjà programmées, et en particulier un rassemblement à l’appel de l’intersyndicale de la Fonction publique devant Bercy mercredi à midi et, jeudi 16 janvier, une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations, dans le cadre de l’intersyndicale interprofessionnelle.

Les Lilas, le 12 janvier 2020

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