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« Il faut rompre avec ces vieilles habitudes qui consistent à défaire ce que les précédents ont mis en place » avait-il dit. Et pourtant le ministre des neurosciences installé depuis 18 mois rue de grenelle n’a eu de cesse de défaire à grand coup d’annonces médiatiques ce qui avait été mis en place par ses prédécesseurs.

En 18 mois, l'école a le tournis 

Après avoir installé un conseil scientifique censé éclairer la politique ministérielle, le ministre des « non-réformes » a fait éditer un petit guide orange des « bonnes » pratiques en lecture, puis a publié des notes de service sur l’enseignement des fondamentaux avant de réviser les programmes des cycles 2, 3 et 4 qui venaient à peine de connaitre leur deuxième année de mise en place. Pour y parvenir la plupart des membres éminents du conseil national des programmes, pourtant indépendant, ont été conduits à la démission, tant le dialogue avec le ministère était devenu impossible. La rentrée 2018, avec l’arrivée des nouvelles évaluations CP et CE1, est comme un point d’orgue de cette politique qui nie la professionnalité des professeurs des écoles en leur donnant des tests prémâchés à faire passer aux élèves sans même les inclure dans la correction et la compréhension des erreurs observées. Les témoignages recueillis par le SNUipp-FSU sur les conditions de passation et de saisies sont édifiants.

Exécution 

Ainsi le professeur des écoles a-t-il été transformé en quelques mois en simple exécutant de guides de bonnes pratiques ou de tests standardisés censés lui donner le chemin à suivre. C’est insupportable et remet en cause à la fois le professionnalisme et l’engagement des personnels auprès de leurs élèves. Décidément il ne suffit pas d’afficher la devise d’une « école de la confiance » sur toutes les plaquettes ministérielles pour que celle-ci soit effective. C’est plutôt aujourd’hui par la défiance que les enseignants et les équipes se sentent pris en considération.

Un nouveau projet de loi

Et comme si cela ne suffisait pas, un nouveau projet de loi était présenté au CSE le 15 octobre dernier. Au-delà de l’obligation d’instruction à trois ans il contient tous les ingrédients d’une sérieuse reprise en main autoritaire puisqu’il vient notamment supprimer l’instance indépendante que constituait le conseil national de l’évaluation scolaire (CNESCO) qui faisait pourtant l’unanimité pour la rigueur et la qualité de ses travaux. Ainsi le ministre de l’évaluation supprime-t-il, comme le titrait cyniquement récemment le journal Libération, l’instance indépendante qui permettait de l’évaluer lui-même. Ce même projet de loi introduit également la fusion des académies qui ne seront plus que 13 et la nomination par le ministère des présidents des Espé qui au passage perdent leur dernier « é » en devenant les ESP comme si l’éducation n’était plus un sujet dans la formation des enseignants. 

Un budget en berne

Si on ajoute à tout cela, un sérieux manque de preuves d’amour avec un budget et des postes en nombre insuffisant, il y a de quoi donner les clés de compréhension de la colère des enseignants et des écoles qui s’exprimera par la grève et dans les manifestations le 12 novembre prochain. En effet l’affichage d’une pseudo priorité au primaire traduite par l’annonce d’une dotation de 2 325 postes dans le premier degré est surtout médiatique. La réalité est tout autre. Cette dotation est insuffisante pour couvrir les mesures de dédoublement des CP et CE1 en REP et REP+ ainsi que l’abaissement à trois ans de la scolarité obligatoire. Le SNUipp-FSU a chiffré à 4 000 le nombre de postes nécessaires pour terminer le dédoublement, auxquels il en faut ajouter 1000 postes (selon le ministère) pour assurer la scolarisation devenue obligatoire des enfants de trois ans. Trois chiffres qui rendent l’équation défavorable pour les cartes scolaires à venir en janvier prochain. Les grands perdants des fermetures de postes risquent une fois de plus de se trouver dans les départements ruraux ou pour les équipes qui bénéficient encore de l’apport qualitatif du dispositif Plus de maître que de classes.

Syndicats enseignants, dont le SNUipp-FSU, lycéens, mouvements complémentaires, associations de parents d’élèves : quatorze organisations membres du comité consultatif du Cnesco* s’adressent ensemble à Jean-Michel Blanquer pour lui demander de ne pas supprimer cette instance, aujourd’hui unanimement reconnue, chargée de l’évaluation indépendante du système scolaire.
En effet, au détour de son projet de loi « Pour une école de la confiance », le ministre de l’Éducation nationale entend lui substituer un Conseil d’évaluation de l’école à sa main, composé très majoritairement de personnalités désignées…par lui-même. Un conseil dont la mission ne serait plus de travailler les différents aspects des politiques scolaires, mais d’accompagner les évaluations des élèves et des établissements organisées par la rue de Grenelle.
Exit donc, la réflexion et les travaux sur des sujets tels que la mixité sociale, le redoublement, le calcul ou la compréhension en lecture qui avaient fait consensus dans la communauté éducative.

Au service de l’école

« Pour les acteurs du système éducatif et de la société civile que nous représentons, il est important que l’évaluation indépendante, scientifique et participative du système scolaire que le Cnesco a réussi à mettre en place en quelques années, perdure. », demandent les organisations.
« En effet, le Cnesco part des questions des usagers et des professionnels du système éducatif et travaille avec eux à construire des recommandations partagées à partir des évaluations réalisées par des chercheurs - y compris étrangers - et à les mettre à la disposition de tous. », ajoutent-elles, martelant que « les ressources évaluatives du Cnesco et ses recommandations sont importantes pour améliorer les pratiques éducatives sur le terrain et pour faire évoluer les politiques éducatives de façon constructive. »
Pour les rédacteurs de la lettre au ministre, « les acteurs de terrain ont besoin de stabilité institutionnelle, la confiance qu’a su créer le Cnesco auprès de la communauté éducative et de la communauté scientifique s’est construite au fil des années. C’est pourquoi il devrait voir ses missions affirmées et éventuellement élargies. C’est le souhait que nous formulons tous ensemble. »

De la réponse du ministre, dépendra une part de sa crédibilité quand il continue de parler d’école de la confiance.

*Le Conseil national d’évaluation du système scolaire est une institution chargée d’une évaluation indépendante, créée par la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République, du 8 juillet 2013. Il est composé de scientifiques issus de champs disciplinaires variés, de parlementaires ainsi que de membres du Cese. Il mène une évaluation scientifique et participative du système scolaire afin d’éclairer les divers acteurs de l’école et le grand public. Il met à disposition son expertise sur les méthodologies d’évaluation. Enfin, il promeut une culture d’évaluation en direction des professionnels de l’éducation et du grand public.

Alors que les dernières opérations d’ajustement de la carte scolaire 2018-2019 sont achevées, le SNUipp-FSU fait l’analyse d’une situation difficile à bien des égards.
Les chiffres définitifs montrent que la dotation de 3 880 postes créés à cette rentrée est insuffisante pour assurer le dédoublement des CE1 de REP+ et des CP de REP, un dédoublement qui « consomme » à lui seul 5 605 postes.
Conséquence de cette dotation insuffisante : la facture est lourde pour les « plus de maîtres » dont près de 1 400 postes disparaissent sur les 3 000 existants encore à la rentrée 2017 alors même que ce dispositif plébiscité par la profession et aux résultats prometteurs n’a pas été évalué.
La facture est lourde également pour la maternelle avec un solde négatif de près de 575 classes, tout comme pour le rural. Si le volume de remplaçants est abondé de 325 postes, que 226 postes d’enseignants spécialisés sont créés, on reste encore loin de pouvoir couvrir les besoins identifiés dans ces domaines.

Les questions qui fâchent

Outre ces chiffres, qui démontrent l’insuffisance des créations de postes, il y a aussi ce que la préparation de cette rentrée 2018 raconte. Affirmer donner la priorité au primaire ne peut pas être qu’un slogan. Cette priorité doit se traduire concrètement. La baisse démographique aurait pu permettre ici ou là des allègements d’effectifs, alors que plus de 100 000 classes dépassent 25 élèves, d’après les propres chiffres du ministère. Or, la taille des classes va encore augmenter en dehors des CP et CE1 en éducation prioritaire.
Comment dès lors parler de l’importance du langage en augmentant la taille des classes en maternelle ? Comment justifier que les effectifs allégés sont facteur de réussite sans que cela concerne tous les élèves ? Comment justifier l’attention aux conditions d’apprentissage, quand en milieu rural on trouvera à la rentrée des cours multiples à trois, voire quatre niveaux à plus de 20 élèves ?
Ce sont toutes ces interrogations qui prédominent. Car s’arc-bouter sur une bataille de chiffres ne doit pas cacher certaines réalités. Donner plus à ceux qui ont moins est juste à condition de ne pas dégrader la situation de tous les autres.

Des engagements nécessaires

Améliorer l’école a certes un coût économique, mais dépend également du projet que l’on porte pour elle. Pour le SNUipp-FSU, c’est bien d’une école qui s’attaque aux inégalités scolaires qu’il s’agit. Une école qui fasse sienne l’idée que tous les élèves sont capables de réussir et qui leur en donne les moyens.
Et pour ça, l’école primaire française, toujours largement sous-investie, doit faire l’objet d’un engagement financier massif pour une meilleure formation des enseignants, pour pouvoir abaisser les effectifs, pour disposer des enseignants spécialisés, des remplaçants en nombre suffisant. Mais aussi afin de disposer d’accompagnants pour l’inclusion de chaque élève en situation de handicap, pour déployer les dispositifs de scolarisation des moins de trois ans partout où c’est nécessaire, pour dynamiser le « Plus de maîtres » et pouvoir travailler différemment.

Mobilisation le 12 novembre

Cette question des moyens, si elle n’est pas la seule réponse, reste incontournable pour améliorer significativement la réussite de tous les élèves. Or, le projet de budget 2019 montre que le gouvernement, au-delà des discours convenus, n’a pas la volonté de déclencher le véritable saut qualitatif dont notre école a besoin.
Le SNUipp-FSU, aux côtés de l’ensemble des enseignants, continuera à exiger des moyens à hauteur des enjeux, avec en premier lieu le combat contre les inégalités scolaires. Revoir cette politique budgétaire et éducative sera au cœur de son engagement dans les mobilisations à venir et ce, dès le 12 novembre prochain.

La généralisation des évaluations CP et CE1 à la rentrée 2018 a conduit le SNUipp-FSU à faire part de ses vives inquiétudes au ministre et à la presse. Sa demande de moratoire était motivée par les nombreuses incertitudes qui n'avaient pu être levées par le ministère.

Le SNUipp-FSU a permis aux enseignants et enseignantes de témoigner de leur expérience réelle dans les classes. Plusieurs centaines de témoignages ont été recueillis et concordent : des contenus et des consignes de passation inappropriés, des enseignants qui face aux difficultés et au stress de leurs élèves adaptent les consignes de passation, des obstacles importants à la saisie des résultats (problème de connexion, de code, nombreux bugs...), 5 heures de récupération sur le temps des APC consenties par le ministère largement insuffisantes, un délai non communiqué pour l'envoi des résultats par le ministère, un temps de rencontre avec l'ensemble des familles non pris en compte.

Une sélection parmi les nombreux témoignages recueillis illustre la plupart de ces aspects et traduit l'état d'esprit partagé par la majorité des enseignants :
« évaluations extrêmement chronophages et qui empiètent donc sur les apprentissages. »
« Les exercices diffèrent, les consignes défilent, les élèves s'exécutent et souvent finissent par répondre au hasard… »
« j'ai dédramatisé le plus possible ces tests, malgré tout certains enfants sont déjà dans la peur de ne pas réussir, de ne pas finir dans les temps. »
« j’ai passé 5 heures pour rentrer les résultats de huit élèves simplement pour le cahier n°1 ! Tout simplement insupportable. »
« j'attends avec impatience, teintée d'inquiétude, de voir comment sont les documents de restitution à donner aux familles... »
« Aujourd'hui pour la première fois de ma carrière, j'ai eu envie de démissionner. Démissionner d'un emploi qui n'est pas le mien : faire passer des évaluations dont je ne comprends pas le but même s'il est soi-disant expliqué et les saisir comme un robot. »

Lettre au ministre

Fort de ces paroles enseignantes, le SNUipp-FSU met en avant que, du fait de nombreux biais, les résultats seront peu fiables et non exploitables. En effet, dans de nombreuses classes le protocole de passation n'a pas pu être respecté pour ne pas placer les élèves en situation d'échec et ne pas entamer le nécessaire travail de confiance initié par les maîtres et maîtresses dans leur classe. Il rappelle la pertinence de deux types d'évaluations, celle pratiquée quotidiennement par les enseignants au cours des apprentissages et celle du système scolaire pratiquée par échantillonnages de manière beaucoup plus fiable et moins coûteuse.

Les questions sur les finalités de ce protocole et l'utilisation des résultats par le ministère demeurent . Si ces évaluations n'ont aucun intérêt pour les élèves, une hypothèse reste : celle de la mise au pas des enseignants pour faire passer au forcing des réformes contestées par la communauté éducative.

Le SNUipp-FSU s’adresse par lettre ouverte au ministre et appelle à nouveau les enseignants à ne pas saisir les résultats des élèves. Il demande à ce que soit respectée la professionnalité des enseignants et que soit reconnue leur charge de travail réelle.
C'est le sens même du métier d'enseignant et des missions de l'école qui est en jeu.

Les témoignages in extenso

Pour lire les témoignages enseignants, c'est ici.
Vous pouvez continuer à témoigner sur evaluations-jetemoigne@snuipp.fr

LA LETTRE AU MINISTRE

Monsieur le Ministre,

Nous vous avons fait connaître notre analyse quant à la finalité, la conception et la mise en œuvre des évaluations nationales de CP et de CE1. Devant le non-sens de cette activité au regard de notre professionnalité qui se traduit tous les jours dans nos pratiques et nos gestes professionnels, devant la lourdeur de l’exécution de la tâche, devant le déni de nos compétences, nous avons demandé à nos collègues d’adapter la passation et/ou de ne pas saisir les résultats.

Vous ne semblez pas mesurer combien les enseignants sont attachés à la réussite de leurs élèves et n’acceptent pas ce qu’ils considèrent comme une mise en échec programmée. Nous avons recueilli plusieurs centaines de témoignages d’enseignants ou de parents qui questionnent le sens de ces évaluations, la pertinence de leur contenu, tout autant que la nécessité d’adapter les temps de passation et de modifier les consignes. Ils évoquent aussi des situations anxiogènes pour des élèves sortant de l’école maternelle, celle où l’on met l'accent sur les réussites et qui se retrouvent en difficulté de par ces évaluations moins d’un mois après leur entrée en élémentaire.

Ces tests mal pensés ont donc conduit bien souvent à des adaptations et des aménagements pour éviter de mettre leurs élèves en situation d’échec, pour prendre en compte les conditions de passation et lorsque celles-ci ne sont pas en tous points identiques, ce biais de méthode rend toute conclusion, caduque.

Nous vous demandons de renoncer à cette conception mécaniste et verticale de l’éducation et de redonner la main aux équipes pédagogiques pour qu’elles puissent exercer leur liberté pédagogique, celle qu’elles mettent tous les jours au service de la réussite de leurs élèves.

Les bégaiements du système informatique amplifient le temps nécessaire à la saisie qui dépasse largement les 5 heures d’APC que vous avez allouées suite à notre demande de moratoire. Et qu’en sera-t-il du temps de restitution aux familles ?

C’est également avec beaucoup de retard, alors que la période de saisie approche de sa fin, que vous avez adressé aux familles un courrier pour expliciter leur possibilité de recours liés au règlement général européen sur la protection des données (RGPD). Par ailleurs quelques porosités ont été constatées, des écoles ayant accès aux réponses des élèves d’une autre école.

Nous vous demandons de mettre dès à présent en place les conditions et les modalités d’un bilan sincère et transparent de ces évaluations avec les enseignants et leur représentants.

Nous vous rappelons notre appel aux équipes enseignantes à reprendre la main sur l'évaluation, acte inhérent à la fonction d'enseignant, à ne pas saisir les réponses et à faire remonter les besoins de terrain.

Nous sommes convaincus que ce ne sont pas d’évaluations nationales dont a besoin l’école pour s’attaquer aux inégalités sociales et faire réussir tous les élèves, mais de baisse des effectifs dans toutes les classes, de moyens (remplaçants, Rased, AESH…) et de formation pour les enseignants. En effet, de quelles aides disposent les enseignants face à un élève en grande souffrance et dont le comportement peut perturber toute la classe ? Est-ce que tous les élèves inclus ont un accompagnant ? Est-ce que les remplaçants sont en nombre suffisant ? Est-ce que les enseignants de maternelle ont des effectifs abaissés pour pouvoir travailler le langage dans de bonnes conditions ? Qu’en est-il en élémentaire en dehors des CP et CE1 d’éducation prioritaire ? Quelle reconnaissance de la charge de travail des enseignants ?

L’école de la confiance est un mirage auquel les enseignants et leurs représentants ne croient plus car elle ne prend pas en compte leurs préoccupations.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en notre profond attachement au service public d’éducation.

Le SNUipp-FSU, 11 octobre 2018

18e édition

L’UDA, l’Université d’automne du SNUipp-FSU, c’est la rencontre incontournable entre le monde de la recherche et celui de l’éducation.
La 18e édition se tiendra les 19, 20 et 21 octobre prochains à Port-Leucate dans l’Aude.
Le temps de sortir la tête de l’eau et d'aborder différents thèmes liés au métier : liberté pédagogique, philosophie en classe, relation aux familles, climat de classe, inclusion, neurosciences, égalité des sexes, littérature jeunesse, langage, apprentissages… 

En plénières interviendront Frédéric Saujat sur la professionnalité des enseignants, Sylvie Cèbe et Nathalie Bagilet sur la conception d'outils didactiques, Rémi Brissiaud sur le calcul et la résolution de problèmes, Denis Paget sur la liberté pédagogique. Mais il sera possible de suivre également Laurent Lescouard, Sylvie Plane, Laurence de Cock, Pierre Périer et beaucoup d'autres.

L’UDA, c’est aussi avant et pendant sur www.snuipp.fr, sur la page Facebook et sur Twitter avec le #UDASNUIPP. À bientôt !

La vidéo

Des rencontres préparatoires à l’écriture de la circulaire mobilité pour les permutations interdépartementales et le mouvement 2019 se sont tenues au ministère de l’Éducation nationale les 10 et 18 octobre derniers.
Il s’agissait pour l’administration de présenter aux organisations syndicales les changements qu’elle entend apporter dans les barèmes des deux opérations et dans les modalités spécifiques du mouvement.
S’agissant des permutations, le SNUipp-FSU a d’emblée pointé la baisse régulière des taux de satisfaction qui sont passés de plus de 65% en 2010 à moins de 24% en 2018. Une situation à mettre en regard d’une hausse régulière des changements de département au titre des ineat-exeat, alors que la phase des permutations informatisées reste celle qui offre le plus de garanties en termes d’équité et de transparence.
Quoi qu’il en soit, les propositions ministérielles n’amélioreront ni les taux de satisfaction aux permutations, ni ceux du mouvement.

Priorités de barème

Une « sécurisation juridique des mouvements inter et intra départementaux » pour mettre un terme aux recours introduits par le passé contre la circulaire mobilité, c’est l’argument donné par les services du ministère pour modifier l’attribution des points « handicap ». Désormais, une circulaire applicable aux trois fonctions publiques réserve les 800 points supplémentaires au barème aux seuls personnels en situation de handicap. Seuls 4 points seraient attribués au titre du conjoint ou d’un enfant handicapé.
Même chose pour les parents isolés qu’ils soient veufs, veuves ou en famille monoparentale qui ne se verraient plus attribuer que 4 points de bonification au lieu de 40 auparavant.
Pour ces deux situations, l’administration considère qu’elles ne relèvent pas des priorités légales et ne peuvent donc ouvrir droit qu’à moins de 5 points, seuil maximum des autres éléments du barème.

Pour le SNUipp-FSU, la minoration des points attribués aux parents isolés et aux personnels dont le conjoint ou les enfants sont en situation de handicap aggraverait la situation des personnels concernés. Cette disposition va à l’encontre de l’heureuse évolution du regard de la société et des discours des responsables politiques. Ces deux situations induisent, pour les personnels qui les vivent, des problématiques concrètent qui imposent le plus souvent une localisation géographique précise.

Mayotte

Aujourd’hui, les personnels qui mutent vers Mayotte bénéficient d’un droit au retour dans leur département d’origine à tout moment. Le ministère envisage pour eux d’ajouter l’attribution de 800 points au bout d’une présence qui pourrait être de cinq ans et qui leur permettrait de rejoindre cette fois le département de leur choix.

Pour le SNUipp-FSU, si on peut imaginer que cette disposition puisse donner par effet d’aubaine une part d’attractivité à Mayotte, elle ne saurait résoudre durablement la situation de ce département, pas plus que celle de la Guyane, de la Seine-Saint-Denis ou de l’académie de Versailles. On ne règle pas les problèmes d’attractivité par des dispositions relatives au mouvement des personnels.

Modalités du mouvement

Nombre de postes offerts insuffisant, faible taux de satisfaction, affectations à titre provisoire trop nombreuses, opérations chronophages pour les services des inspections académiques : le ministère pose ses constats et fait une série de propositions avec pour affichage de mieux répondre aux vœux des personnels, augmenter les nominations à titre définitif et couvrir l’ensemble des besoins d’enseignants devant les classes à la rentrée.

Les propositions :

  • une seule publication des postes offerts, avec outre des postes précis, des postes correspondants à des zones géographiques ou/et à une certaine typologie de postes ;
  • une seule saisie des vœux en deux étapes. La première ouverte à tous les enseignants, avec la possibilité de choisir des vœux précis et des vœux plus larges pouvant correspondre à une zone géographique ou à une typologie de postes, la seconde obligatoire pour les seuls enseignants « sans poste » ;
  • l’ensemble des enseignants affectés sur l’un de leurs vœux relatifs à la première ou à la deuxième étape pourraient être affectés à titre définitif.

Pour le SNUipp, on ne répond pas mieux aux vœux des personnels en les contraignant à les élargir. Il est par ailleurs normal qu’un volant d’affectations à titre provisoire subsiste dans la mesure où des postes deviennent vacants au cours des opérations de mouvement et que des rompus de temps partiel restent à pourvoir.

Pour le syndicat, il s’agit surtout d’une volonté ministérielle de normaliser les procédures de mouvement pour des raisons essentiellement comptables qui sont liées aux réductions de personnels administratifs dans les inspections académiques. Il a réaffirmé au cours des discussions que pour être au plus près des souhaits des personnels et du bon fonctionnement du service public d’éducation, il faut une deuxième phase de saisie de vœux avec publication des postes. Il a aussi réaffirmé son opposition à l’affectation à titre définitif sur des postes qui n’aurait pu être demandés précisément (cas des postes qui se libèrent en cours de mouvement).

Prochaine réunion le lundi 8 octobre…

Trois rendez-vous de carrière ont été instaurés pour évaluer les enseignants : au 6e échelon, au 8e et après deux ans au 9e échelon. Ce rendez-vous de carrière et d’accompagnement consiste en une inspection en classe et un entretien avec l’IEN qui complète une grille d’évaluation. Le but est de "reconnaître la valeur professionnelle" des personnes. Il y en aura quatre au cours d'une carrière.

Plus de note mais un avis allant de « à consolider » à « excellent », arrêté ensuite au niveau académique et qui joue un rôle essentiel pour la suite, accélérant –ou non- la carrière et les changements de grade, dont l’accès à la hors classe. Pour les rendez-vous de carrière de 2017-2018, l'appréciation finale de l'IA a été notifiée en septembre. elle apparaît via Iprof / les services.

En cas de désaccord, il est possible d’adresser un recours gracieux auprès de l’IA-DASEN pour la révision de cet avis, dans un délai de trente jours. POur un avis rendu le 16 septembre par exemple, il faut l'envoyer avant le 15 octobre. S’il n’y a toujours pas accord, il est possible de saisir la CAPD via les délégués du personnel, dans un délai de trente jours également.

Un conseil : contacter sa section départementale ! Elle dispose des modèles-types pour saisir la CAPD et pourra vous conseiller au mieux.

Éducation… sexuelle, deux mots qui mis côte à côte font pleuvoir les réactions et ouvrent, l’actualité l’a encore montré récemment, la boite à fantasmes. Le ministre de l’Éducation nationale lui-même a dû intervenir et a fait paraitre une nouvelle circulaire (lire p. 23) en cette rentrée afin de réaffirmer le cadre de cet enseignement au sein de l’école alors que des groupuscules tentent d’instrumentaliser les peurs de familles peu ou mal informées.
Dès 1973, la circulaire dite Fontanet indique que « les fables racontées aux petits et le silence (…) sont devenus inacceptables du fait de la civilisation ambiante, de l’évolution des modes de vie et du recrutement mixte des établissements ». S’il s’agissait de répondre aux enjeux de société posés par une révolution sexuelle en plein essor mais qui laissait de nombreux jeunes sans information, l’approche était quasi uniquement hygiéniste. Dans les années 80 avec l’apparition du SIDA cette approche préventive s’est trouvée renforcée écartant une véritable éducation à la sexualité.

DONNER DES REPONSES

Il faudra attendre 2001, puis la circulaire de 2003, pour que « l’éducation à la sexualité en milieu scolaire » soit inscrite comme une « composante essentielle de la construction de la personne et de l’éducation du citoyen ». Des objectifs posés en forme de résistance pour « permettre aux jeunes de mieux analyser et appréhender les multiples messages médiatiques et sociaux qui les assaillent quotidiennement ». Sous-entendu, si l’école ne remplit pas son rôle la société marchande et la pornographie s’en chargeront. Un enjeu qui est posé comme fondamental par le sociologue Michel Bozon qui fait de l’éducation aux médias et au tri de l’information la priorité des séances d’éducation sexuelle, rappelant que « les enfants et les jeunes iront de toutes les manières chercher la réponse à leurs questions ». Car c’est bien un paradoxe et la persistance d’une forme de puritanisme de notre société, notamment des milieux conservateurs, que de constamment vouloir laisser cette question à l’extérieur de l’école alors qu’elle a complètement envahi l’espace public sous des formes qui sont loin de promouvoir l’égalité, le respect ou encore le consentement entre les personnes.

DES TABOUS À DÉPASSER

Aussi on en parle beaucoup, mais on ne fait pas tant que ça de séances d’éducation à la sexualité à l’école, comme le rappelait le rapport du Haut conseil à l’égalité en 2016. Il pointait que seulement 25 % des établissements organisaient les trois séances annuelles inscrites au programme. Car il ne s’avère pas facile pour les enseignants de traiter d’une question qui s’inscrit pour partie dans l’intimité de la personne et que l’on pourrait avoir tendance à laisser à la sphère familiale. C’est pourtant souvent un des derniers endroits où les enfants et les jeunes souhaitent poser leurs questions. Pour cela il est indispensable de développer la formation des enseignants comme le rappellent, sous forme de vœu pieu, les circulaires de 2003 ou encore celle toute récente de 2018. Car c’est bien dès le plus jeune âge que l’on peut commencer à déconstruire les idées reçues sur les questions relatives à la sexualité et à l’anatomie, lever les tabous, questionner les normes, favoriser les échanges lutter contre le sexisme et toutes les formes de violence liées la sexualité. Une approche globale qui est notamment portée par le Planning familial (lire ci-dessous).

De la reconnaissance. S'il y avait un mot pour résumer les attentes de directrices et directeurs d'école aujourd'hui c'est bien celui-là. Reconnaissance de l'importance de la mission, de la charge de travail croissante mais aussi reconnaissance salariale. C'est bien ce qui ressort des états généraux de la direction d'école organisés par le SNUipp-FSU cette année.
Dans les départements d'abord, lors des dizaines de réunions organisées depuis le printemps et qui ont réuni plus de 1 700 personnes dans soixante départements. Puis lors de la synthèse nationale jeudi 27 septembre à Paris. 

À chaque fois, les directrices et directeurs ont témoigné de leur attachement à leur fonction, tout autant que des difficultés croissantes qui la rendent parfois impossible. Ces difficultés ce sont les tâches toujours plus nombreuses, les directives qui dégringolent, le manque de temps, le jonglage entre la classe, le bureau, la mairie, les familles... aggravé par la suppression de l'aide administrative. Les changements au sein des écoles (sécurité, scolarisation des enfants en situation de handicap, PEDT...) alourdissent toujours plus les missions. Et les seules perspectives gouvernementales sont de fusionner les écoles et faire miroiter un statut qui donnerait une autorité hiérarchique sur l'équipe. L'école a besoin d'autres réponses pour être à la hauteur des besoins. 

C’est pourquoi le SNUipp-FSU, lors de ces États généraux de la direction d'école, interpelle l'ensemble de la communauté éducative, les différents partenaires de l'école et les parlementaires afin qu'ils se mobilisent à ses côtés pour obtenir une aide pérenne, sous forme de personnels supplémentaires formés dédiés au fonctionnement de l’école.

L'appel

Les missions des directrices et directeurs d’école ont considérablement évolué ces dernières années, avec des responsabilités accrues et des demandes institutionnelles de plus en plus nombreuses tandis que les emplois aidés qui aidaient au fonctionnement des écoles ont été supprimés. Ces missions nécessitent toujours plus de temps toujours plus de reconnaissance et toujours plus d’engagement. Il est donc nécessaire de trouver des réponses concrètes pour l’augmentation du temps de décharge et la revalorisation des rémunérations des directrices et directeurs d’école. 

À l’inverse des deux principales préconisations de la mission parlementaire sur la direction d’école, la création d’un statut hiérarchique de directeur et la réorganisation territoriale des écoles élémentaires et maternelles, le SNUipp-FSU réclame des mesures permettant aux directeurs et directrices d’être davantage reconnus et disponibles pour les familles, les élèves, les différents partenaires de l’école. Il est donc indispensable que toutes les écoles maternelles, élémentaires et primaires soient dotées de personnels supplémentaires dédiés au fonctionnement de l’école. 

À l’occasion des États généraux de la direction et du fonctionnement de l’école qu’il a organisés, le SNUipp-FSU interpelle l’ensemble de la communauté éducative, les différents partenaires de l’école (parents, élus locaux, associations…) et les parlementaires car le fonctionnement de l’école est l’affaire de toutes et de tous. 

Il s’agit d’obtenir dès aujourd’hui, comme première étape, la garantie d’une aide au fonctionnement de l’école assurée par des personnels qualifiés pour
- améliorer les conditions de travail des directrices et directeurs
- améliorer le fonctionnement de l’école en réaffirmant l’importance du collectif de travail et ainsi favoriser une école de qualité pour toutes et tous !

Paris, le 27 septembre 2018.

Budget, mauvaise équation pour l’école

Les mesures budgétaires annoncées pour l’Éducation nationale sont à la mesure du désinvestissement prévu pour l’ensemble de la Fonction publique. 

Ne nous y trompons pas. L’affichage d’une pseudo priorité au primaire traduite par l’annonce d’une dotation de 2325 postes dans le premier degré est surtout médiatique. La réalité est tout autre. Cette dotation est bien insuffisante pour couvrir les mesures de dédoublement des CP et CE1 en REP et REP+ ainsi que l’abaissement à trois ans de la scolarité obligatoire. Le SNUipp-FSU a chiffré à 4000 le nombre de postes nécessaires pour terminer le dédoublement auxquels il faut ajouter 1000 postes de plus (selon le ministère) pour assurer la scolarisation devenue obligatoire des trois ans. Trois chiffres qui rendent l’équation défavorable pour les cartes scolaires à venir au mois de janvier prochain. Les grands perdants des fermetures de postes risquent une fois de plus de se trouver dans les départements ruraux ou pour les équipes qui bénéficient encore de l’apport qualitatif du dispositif Plus de maître que de classes. Et pourtant, obsédé par la culture de l’évaluation, le ministre de l’éducation aura sûrement lu avec attention le dernier rapport de l’OCDE « Regard sur l’éducation 2018 » qui montre que notre pays consacre 34 % de moins de ressources à l’éducation que les pays comparables. Une situation qui se traduit tous les jours concrètement par des mauvaises conditions d’enseignement et d’apprentissages des élèves, entassés à plus de 25, dans près de 104 000 classes et à plus de 30 dans 6 700 autres.

Une cuillère de fondamentaux ?

Mais qu’à cela ne tienne, ce gouvernement n’a pas froid aux yeux et la rue de Grenelle a annoncé dans un communiqué qu’il fallait « rompre avec une politique quantitative dont les résultats ne sont pas au rendez-vous ». Une ritournelle facile à laquelle s’ajoute la multiplication de recettes sorties des fonds de tiroir pour remettre l’école dans le droit chemin d’un retour aux fondamentaux, dont on ne sait plus à vrai dire, depuis combien de temps elle y retourne. Ainsi donc, si notre système éducatif reste plus marqué qu’ailleurs par les inégalités sociales de destin scolaire, c’est encore une fois parce qu’on n’y étudierait pas correctement le code grapho-phonémique, tel que vont, sans aucun doute, le laisser penser les tests actuellement imposés aux élèves de CP et CE1.

Autant de raisons d'être dans l'action par la grève le 9 octobre prochain dans le cadre de la journée interprofessionnelle de mobilisation sur les questions budgétaires et la réforme de la fonction publique. Un projet de réforme qui affiche sans rougir le développement du salaire au mérite, le recrutement accrus de contractuels et la remise en cause des instances de concertation comme les CAPD. Une mobilisation qui se poursuivra par une nouvelle journée de grève le 12 novembre à l’appel des fédérations syndicales de l’éducation.

Le SNUipp ainsi que le collectif Rased le réclamaient depuis des mois, une réunion multilatérale associant syndicats, directions générales de l’enseignement scolaire et des ressources humaines s’est tenue le 19 septembre dernier au ministère de l’Éducation nationale.
A l’ordre de jour de cette première rencontre, la mise en place d’un groupe de travail sur le suivi et les améliorations à apporter à la formation CAPPEI mise en place l’an passé. Toute une série de questions ont été mises sur la table par le SNUipp avec aux premiers rangs desquelles :

  • la nécessité de réaffirmer la spécificité de chaque parcours, particulièrement les parcours RASED aide pédagogique et aide relationnelle ;
  • la nécessité d'une évaluation qualitative des contenus de formation ;
  • l’urgence de définir des règles de mouvement cohérentes et transparentes, préservant une différenciation des identités professionnelles.
Un menu complet

La liste des sujets proposés par le syndicat pour alimenter les travaux des réunions à venir est longue. Durée de la formation et préparation aux épreuves, mise en place effective et contenus des stages de préparation à cette même formation, pratiques locales dans la gestion des tuteurs, fonctionnement des jurys d’examens, procédures de mouvement…autant de thèmes qui ont été retenus par le ministère et dont le SNUipp a dressé la liste exhaustive dans un courrier récapitulatif adressé rue de Grenelle à l’issue de la rencontre.
Avec une alerte particulière sur la question spécifique du mouvement intra-départemental, qui doit être traitée prioritairement et en tout état de cause avant que la procédure n’en soit fixée pour l’année 2018-2019.

Le prochain rendez-vous est fixé au 8 octobre prochain.

Déjà, les premiers retours font état de temps de passation explosé, d’élèves angoissés face à des tâches qu’ils ne parviennent pas à réaliser… Aussi, il est du rôle du syndicat de faire remonter la réalité de ce qu’il se passe dans les classes qui ne peuvent en aucun cas être des laboratoires, la réalité y étant bien plus complexe.

Aussi le SNUipp-FSU a créé une adresse mail spécifique pour permettre aux enseignantes et aux enseignants de laisser un témoignage qui pourra être rendu anonyme sur simple demande : 

evaluations-jetemoigne@snuipp.fr

Une démarche qui apparait nécessaire dans un contexte où le ministère est resté sourd à la plupart des demandes du syndicat, notamment celle d’un moratoire dans le but de surseoir à la passation des évaluations.

Le SNUipp-FSU appelle dans l’attente les enseignants à reprendre la main sur ces évaluations (ne pas les faire passer dans l'immédiat, en sélectionner les items qu'ils jugent utiles à leurs élèves...) et les engage à ne pas faire remonter les résultats.

« Afin de pouvoir rassurer les enseignants et enseignantes ainsi que les familles, nous souhaitons savoir si le logiciel de saisie des données a bien fait l’objet d’une demande d’avis ou d’autorisation (…) à moins qu’il n’existe des dispositions légales particulières permettant un traitement informatique dans le cadre des évaluations CP et CE1 de ce début d’année scolaire. »
Dans une lettre adressée le 24 septembre à la présidente de la CNIL, le SNUipp-FSU lui demande si toutes les garanties en termes de protection des données recueillies dans le cadre des évaluations nationales CP et CE1 ont bien été prises par le ministère de l’Education nationale.

Le syndicat a dans le même temps écrit au locataire de la rue de Grenelle pour obtenir des clarifications et des assurances à ce même sujet. Il lui demande « dans le cas où la CNIL n’aurait pas encore délivré le récépissé nécessaire, de suspendre la transmission de telles données et de bien vouloir en donner consigne aux Directions départementales des services de l’Éducation nationale. »

Le communiqué Budget 2019 : l'école primaire faussement dotée

Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer vient de préciser les chiffres du budget de l’Éducation nationale pour 2019. Ils vont affaiblir le service public d’éducation.

2 600 suppressions de postes prévues dans le second degré et 400 emplois de moins pour les personnels administratifs. Les conditions d’enseignement vont se dégrader dans les collèges et les lycées où la hausse des effectifs d’élèves se poursuit. Les services administratifs déjà au bord de l’asphyxie vont connaître des difficultés accrues pour gérer les personnels.

Dans le même temps, le ministre annonce environ 1 900 créations de postes dans le premier degré avec pour ambition de terminer le dédoublement des CP et CE1 en REP et REP+. Ces créations ne suffiront pas à y parvenir puisqu’il aurait fallu prévoir 4 000 postes supplémentaires. Comme la baisse démographique ne permettra pas de compenser les manques, et on ne pourra éviter la suppression des « Plus de maîtres que de classes» encore existants, la fermeture de nombreuses classes ou l'insuffisance de postes d’enseignants spécialisés.

Cette dotation ne permettra pas d’améliorer la qualité d’enseignement notamment dans les 104 000 classes de notre pays qui comptent plus de 25 élèves ou encore les quelque 6 700 classes de plus de 30 élèves ? Tous les voyants sont au rouge avec un sous-investissement chronique dans le budget de l’éducation et des effectifs bien supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE. Or, la création de 1 900 postes ne représente qu’une hausse de 0,6% des moyens d’enseignement pour le primaire…

La question des moyens, si elle n’est pas la seule réponse, reste incontournable pour améliorer significativement la réussite de tous les élèves. Ce projet de budget 2019 montre que le gouvernement, au-delà des discours convenus, n’a pas la volonté de déclencher le véritable saut qualitatif dont notre école a besoin.

Le SNUipp-FSU, aux côtés de l’ensemble des enseignants continuera à exiger des moyens à hauteur des enjeux, avec en premier lieu le combat contre les inégalités scolaires. Revoir cette politique budgétaire et éducative sera au cœur de son engagement dans les mobilisations à venir et ce dès le 9 octobre prochain.

Paris, le 21 septembre 2018.

La lettre ouverte

Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale,

L’école de la confiance ne peut se construire sans dialogue social avec les membres de la communauté éducative, y compris les élèves, premiers concernés par les réformes que vous engagez. Or, depuis l’installation de votre ministère nous avons fait le constat de nombreux manquements à ce dialogue : concertation et consultations absentes ou bâclées dans l’urgence ou sans aucun impact sur les décisions ; mesures mises en place dans la précipitation ; méthodes de travail en Conseil supérieur de l’éducation qui ne permettent pas à ses membres de jouer pleinement leur rôle de représentants (calendriers non respectés, ordres du jour tardifs ou modifiés, projets de textes envoyés en dernière minute, durée incompatible avec des échanges approfondis, non-prise en compte des amendements et votes majoritaires …). Si la majorité des organisations du CSE ont choisi de boycotter ou de quitter la séance du 12 juillet, c’est parce que cette instance, pourtant indispensable pour construire et mettre en oeuvre les réformes dont notre système
éducatif a besoin, est devenue le théâtre d’un déni de démocratie.

Monsieur le Ministre, il est temps de mettre en cohérence vos propos et la méthode employée. La confiance ne se décrète pas, elle se construit, notamment par le débat. L’école ne peut pas changer sans les premiers concernés ; lutter contre les inégalités et faire réussir tous les élèves nécessitent l’implication de tous, autour de projets partagés. C’est le sens de la communauté éducative.
En cette rentrée 2018, nous vous exhortons à la concertation et au respect du Conseil supérieur de l’éducation. De nombreux chantiers sont en cours et ne peuvent être menés sans prendre le temps nécessaire pour recueillir les expertises de chacun. Ce sont les conditions indispensables pour faire de l’école un lieu d’émancipation et de réussite de tous les élèves.

CFDT, Sgen CFDT, Fep CFDT, CGT Educ’action, FAGE, FCPE, FSU, Snuipp FSU, Snes
FSU, Snep FSU, Snesup FSU, Snuep FSU, UNEF, UNL, UNSA Education, Se UNSA,
Snpden UNSA, Sien UNSA, A&I UNSA, Snies UNSA, Snmsu UNSA, SNPTES.

« Cinq heures d’activités pédagogiques complémentaires seront dégagées pour permettre aux professeurs de saisir les réponses de leurs élèves. Les saisies pourront intervenir jusqu’au 11 octobre. » Dans une lettre adressée au SNUipp le 17 septembre, Jean-Michel Blanquer reconnait implicitement les difficultés concrètes posées aux équipes d’écoles dans la mise en œuvre des évaluations CP et CE1 et en desserre le calendrier en repoussant la date de saisie des réponses du 28 septembre au 12 octobre.
Il les invite par ailleurs à prendre le temps de cette saisie des réponses sur celui des APC. S’il s’agit d’un premier bougé de la part du ministre, pour le SNUipp, les questions de fond sur les finalités de ces évaluations standardisées restent posées.

Moratoire

Pas de réponse aux questions posées sur les risques d’instrumentalisation de ces tests, risques que le syndicat avait évoqué dans sa lettre au ministre du 13 septembre.
Pas de réponse non plus sur la nature des remédiations qui seraient proposées, et qui pourraient bien être exclusivement calées sur les partis-pris ministériels en matière d’apprentissage de la lecture et des mathématiques.
Pas de réponse enfin quant aux répercussions possibles de ces évaluations sur les pratiques pédagogiques des enseignantes et des enseignants de maternelle.

Le SNUipp réitère donc sa demande de moratoire et appelle les équipes pédagogiques, via une motion à adopter en conseil des maîtres, à reprendre la main sur ces évaluations. Il les invite à en sélectionner les items qu’elles jugent utiles, à ne pas les faire passer dans l'immédiat. Il les engage aussi à ne pas saisir les réponses et à faire remonter les besoins de terrain.

Depuis plusieurs années, c’est à un véritable matraquage qu’est soumis le pouvoir d’achat des retraités : création de taxes telles que les 0,5% de CRDS et les 0,3% de CASA, suppression de la demi-part fiscale aux veuves, fiscalisation du supplément de 10% de pension, gel de la pension de 2013 à 2017 puis en 2018 et augmentation de la CSG. Aujourd’hui, le gouvernement annonce la fin de l’indexation des pensions sur les prix et une revalorisation des pensions de seulement 0,3 pour 2019 et 2020, alors que les prix ont augmenté de 2,3% ces douze derniers mois.
Pour les organisations syndicales et associatives de retraités réunies dans le « groupe des 9 », ce n’est pas acceptable.

Une nouvelle fois, elles appellent ensemble les retraités à manifester massivement les 3 et 18 octobre prochains pour exiger :

  • la suppression de la hausse de la CSG qui pénalise les retraités de 4,5 milliards d’euros et fait baisser le taux de remplacement de 2,5 % en net pour les retraités depuis cette hausse. Nous demandons l’inscription de cette mesure dans le PLFSS 2019 ;
  • la revalorisation de toutes les pensions, par la fin du gel des pensions, le rattrapage des pertes subies, le refus du 0,3 % 2019-2020 ;
  • l’indexation des pensions sur les salaires et un minimum de pension au SMIC pour une carrière complète ;
  • le maintien des pensions de réversion, sans conditions de ressources ;
  • la prise en charge de la perte d'autonomie à 100% par la sécu et ouverture d'un droit universel dans le cadre du service public.

Elle les invite également à signer la pétition en ligne qui sera remise aux parlementaires le 3 octobre prochain.

Le communiqué de la FSU

Le Premier ministre vient d’annoncer la fin de l’indexation des pensions sur les prix au nom de la « maîtrise des dépenses » et pour « privilégier la rémunération de l’activité et rompre avec l’augmentation indifférenciée des allocations ». L’abandon de l’indexation sur les salaires au profit de l’indexation sur les prix mise en œuvre par les précédentes réformes des retraites a déjà porté un coup rude aux retraité-es puisque leur pension se dévalorise par rapport au revenu des actifs. Ce phénomène a été aggravé par le report des dates de revalorisation.

Après le gel des pensions en 2018, la revalorisation sera de +0,3% en 2019 et 2020 alors que l’inflation est de 2,3% en un an. Cette nouvelle attaque contre les retraité-es s’ajoute à une série de mesures régressives qui ont sérieusement dégradé leur pouvoir d’achat.

La FSU rappelle que la hausse de 1,7 point de la CSG depuis janvier 2018 se traduit par une perte moyenne de 500 euros par an pour 9 millions de retraité-es.

Au printemps, le gouvernement avait annoncé des mesures spécifiques pour 100 000 retraité-es, mais le rapport parlementaire d’application de la loi fiscale n’a pas trouvé trace de l’application de cette mesure. Ce rapport confirme également qu’une majorité de retraité-es ne sera pas concernée par la suppression progressive de la taxe d’habitation prétendument destinée à « compenser » la hausse de la CSG.

Le gouvernement décide aujourd’hui d’une nouvelle perte de pouvoir d’achat des retraité-es. Cette décision prépare-t-elle de nouvelles mesures régressives pour l’indexation des pensions dans la future réforme des retraites ?

« Il faut contenir les dépenses » martèle sans relâche le Premier ministre. Mais une fois de plus, le gouvernement élude la question d’un meilleur partage des richesses et poursuit sa politique libérale en faveur des plus riches. Quid de la suppression de l’ISF ? Des profits du CAC 40 qui se sont envolés cette année y compris pour des entreprises qui licencient ?

La FSU dénonce le refus du gouvernement de revaloriser les pensions des retraité-es. Elle demande des mesures immédiates pour améliorer leur pouvoir d’achat qui passent par une revalorisation significative des pensions calculées à minima sur l’inflation, le retour à une indexation calculée sur les salaires, la suppression de l’augmentation de la CSG et l’augmentation des APL.

Elle appelle également les retraité-es à poursuivre la signature des pétitions pour la suppression de l’augmentation de la CSG et à participer massivement aux deux journées d’action prévues les 3 et 9 octobre prochains.

Les livrets d'évaluations nationales CP et CE1 arrivent dans les écoles et provoquent la consternation. Items inadaptés, temps de passation limité, aides non autorisées, elles vont inévitablement mettre les élèves en difficulté et ne permettront pas de mieux les faire réussir. Qui plus est, elles cantonnent les enseignantes et enseignants à la saisie des résultats, se trouvant ainsi dépossédés de leur analyse. 

Le communiqué Évaluations : l’échec programmé

Alors que le ministre généralise à cette rentrée les évaluations à différents niveaux de la scolarité, le dévoilement du contenu des tests des CP et CE1 est très inquiétant. En ne respectant pas les apprentissages réels des élèves issus des programmes de maternelle de 2015 et de cycle 2 de 2016, ces évaluations placeront artificiellement la majorité d'entre eux en situation d'échec et de stress important.

Le SNUipp-FSU constate que de nombreuses activités sont inadaptées tant du point de vue de leur contenu que de leur présentation ou des conditions de passation imposées. Des durées d'exercices strictement limitées et irréalistes seront trop souvent génératrices de stress et l'interdiction d'aide et d'explication contrariera inévitablement la relation pédagogique en construction par les enseignants avec leur classe et leurs élèves. De nombreuses propositions contiennent ce qu'on est bien obligé d'appeler des pièges et relèvent davantage de compétences expertes que de compétences exigibles à ces niveaux de la scolarité. 

Alors que la recherche recommande le recours à la manipulation dans les apprentissages des jeunes élèves, la seule modalité papier-crayon est pourtant convoquée bien qu'elle ne soit pas encore complètement maîtrisée par les élèves sortant de maternelle.
Alors qu'à l'école primaire de nombreux apprentissages se font en lien direct avec le contexte de la classe, ce qui permet ainsi de leur donner tout leur sens (prénoms, albums de la classe, expériences dans l'école ou dans le quartier...), la standardisation de ces évaluations évacue de fait toute cette dimension du travail des classes. Cela ne répondra pas à un des enjeux soulevés par les dernières enquêtes internationales : améliorer la compréhension.

Les enseignants, écartés de la phase d'élaboration de ces évaluations, le seront également pour la phase d'analyse des résultats de leurs propres élèves dont ils n'auront pas à corriger les tests. C'est pourtant eux les mieux à même d'identifier les obstacles auxquels sont confrontés les élèves dans leurs apprentissages et d'y apporter des réponses. Le SNUipp-FSU dénonce le fait que ce protocole, articulé aux différentes prescriptions concernant la lecture, fera glisser le métier d'enseignant d'un métier de conception vers un métier de simple exécution. 

Le SNUipp-FSU affirme que ces évaluations ne permettront en aucun cas de faire mieux réussir les élèves. Ce n'est pas en alarmant les familles et en renvoyant les enseignants à leur inefficacité présumée que le ministre œuvre pour l'école de la confiance. En voulant faire entrer de force le système éducatif et ses personnels dans la culture de l'évaluation et le pilotage par les résultats, il expose les jeunes élèves au risque d’échec précoce et cultive la méfiance de leur famille envers l’école.

Le SNUipp-FSU dénonce ce procédé et invite tous les enseignants à informer largement les familles sur la véritable nature de ces évaluations. Il s’est adressé aujourd’hui au ministère pour demander un moratoire afin de surseoir à leur passation. Par ailleurs, il appelle les équipes à reprendre la main sur l'évaluation, acte inhérent à la fonction d'enseignant, à ne pas les faire passer dans l’immédiat, ne pas saisir les réponses et à faire remonter les besoins de terrain.

Paris, le 13 septembre 2018

Pour le SNUipp-FSU, ces évaluations sont mal conçues : items inadaptés, temps limité, stress, aides non autorisées. De plus les enseignants sont cantonnés à la saisine des résultats, se voyant ainsi dépossédés de leur analyse. Considérant que ces évaluations ne peuvent être utilisées au bénéfice des apprentissages, le SNUipp-FSU adresse au ministère une demande de moratoire dans le but de surseoir à leur passation. De même, il a décidé de les rendre publiques et d'informer la profession pour l'aider à les analyser. Il appelle les équipes pédagogiques, via une motion à adopter en conseil des maîtres, à reprendre la main sur ces évaluations : sélections d'items, refus de passation dans l'immédiat. Il les engage à ne pas saisir les réponses et à remonter les besoins de terrain.

Les livrets d'évaluations et guides du maître  Pour le CP : guide du maître, français 1, français 2, maths  Pour le CE1 : guide du maître, français 1, français 2, maths En vidéo

Le communiqué du SNUipp-FSU

Obsédé par la culture de l’évaluation, le ministre de l’Éducation nationale n’aura pas manqué de se pencher sur celle de la France, livrée par le dernier rapport de l’OCDE « Regards sur l’éducation 2018 ». Il brosse cette année encore un portrait peu flatteur d’un système éducatif français sous-investi par l’État qui consacre au primaire 15% de ressources en moins que dans les autres pays membres de l’OCDE. Derrière la sécheresse des tableaux et des graphiques, se dessine un système éducatif qui reste plus marqué qu’ailleurs par les inégalités sociales de destin scolaire. 

Ce sous-investissement trouve des traductions dans les conditions concrètes de l’exercice du métier d’enseignant, avec par exemple un nombre d’élèves par classe plus important que dans les pays comparables, notamment en maternelle avec 23 élèves en moyenne, huit de plus qu’ailleurs. Autre particularité pointée par le rapport, la faiblesse des salaires des enseignantes et des enseignants des écoles, couplée à un temps de travail supérieur à leurs homologues de l’Union européenne. 

Les experts de la rue de Grenelle, adeptes d’un « retour aux fondamentaux », n’auront également pas manqué de remarquer que ces mêmes fondamentaux occupent déjà près de 60% du temps d’enseignement dans les écoles françaises, loin devant les autres pays comparables et qui réussissent pourtant mieux aux évaluations internationales.
Toutes ces données montrent une nouvelle fois que pour faire réussir tous les élèves et mieux reconnaitre les enseignants dans leur professionnalité, c’est bien un investissement sérieusement réévalué dans l’école qui s’impose. Cela passe par des créations de postes, de la formation initiale et continue pour les personnels, des salaires revalorisés et de la confiance à l’égard de celles et ceux qui font la classe au quotidien. C’est ce que le SNUipp-FSU portera, avec les enseignants, dans les discussions budgétaires qui vont s’ouvrir.

Paris, le 12 septembre 2018

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