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Fédération Syndicale Unitaire, première organisation syndicale de la fonction publique d'Etat : éducation, recherche, culture, formation, insertion...
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Depuis le 22 janvier 2018, la plateforme de préinscription et d'affectation des bachelier.e.s dans l'enseignement supérieur est accessible à tous les lycéen.ne.s de terminale. Censée améliorer le taux d'affectation et permettre l'abandon du recours au tirage au sort dans les filières en tension, cette plateforme qui remplace l'algorithme APB aura pour principale conséquence de généraliser la sélection dans la quasi-totalité des formations, d'imposer aux responsables des formations des procédures bureaucratiques.

Les attendus et les critères supplémentaires (CV, lettre de motivation) relèvent des techniques de l'entretien d'embauche. Cette sélection se fera au détriment des bacheliers qui n'auraient pas brillé dans le secondaire par manque de maturité, qui ont été orientés précocement dans un bac non conforme à leurs ambitions, et les moins sûrs d'eux qui, bien que diplômés du premier grade universitaire, se verront interdire l'accès aux formations de leur choix.

Pour aller plus loin, voir le dossier spécial du SNESUP-FSU sur cette réforme

a. Positive mais avec des insuffisances

BIATSS (texte à venir de Pierre Hébert)

(...)

PPCR, des avancées notables pour les PRAG-PRCE

La mise en place de PPCR pour les certifié.e.s et les agrégé.e.s constitue une revalorisation et de nettes améliorations pour les carrières des collègues.

Avec un rythme quasi unique d'avancement d'échelon, tous les collègues pourront avoir un déroulement de carrière sur au moins deux grades : classe normale et hors-classe. Dès cette année, un certain nombre de PRAG-PRCE bénéficieront de l'accès à la classe exceptionnelle. Ce nouveau grade, qui reconnaît enfin les années d'enseignements effectuées dans l'enseignement supérieur, est une vraie reconnaissance pour les PRAG-PRCE.

Deux campagnes de promotion sont organisées durant l'année scolaire 2017/2018, la première au titre de 2017, la deuxième au titre de 2018. C'est donc un nouveau débouché de carrière pour tou.te.s les certifié.e.s et agrégé.e.s. Le volume des promotions à la classe exceptionnelle sera porté en sept ans à 10 % de l'effectif de chaque corps (ce qui équivaut à plus de 40 % des effectifs actuellement en hors-classe), selon les étapes suivantes : 2,51 % par an de 2017 à 2019, puis 0,61 % par an de 2020 à 2023. Autre nouveauté, la refonte de l'évaluation avec 3 « rendez-vous de carrière », en classe normale lors du passage du 6e au 7e échelon puis lors du passage du 8e au 9e échelon, et également pour le passage à la hors-classe. Ces « rendez-vous de carrières » pourront donner lieu à une accélération du déroulement de la carrière (gain d'échelon). Le Snesup sera vigilant dans les établissements et lors des CAP dans la mise en place de ces nouvelles procédures, qui doivent permettre à l'ensemble des collègues de pouvoir en bénéficier.

b. Insuffisante

Pour les enseignant.e.s-chercheur.euse.s, la revalorisation concédée par le gouvernement précédent est très en deçà des attentes des collègues et des revendications du SNESUP-FSU. En effet elle ne permet toujours pas de reconnaître la qualification du doctorat en maintenant l'adossement de la grille des maîtres.ses de conférences sur celle des professeur.e.s agrégé.e.s.

1. L'intégration d'environ un tiers de la prime statutaire dans le traitement, à hauteur de 9 points d'indice majoré, ne modifie pas la rémunération nette globale perçue par les actifs mais elle entraîne une augmentation des pensions des futur.e.s retraité.e.s.

2. La revalorisation indiciaire de 11 points sur les carrières de maîtres de conférences (MCF) avant le dernier échelon de la classe normale et le 5e échelon de la hors-classe se traduira, à terme, par une augmentation de 50 euros par mois du traitement brut des échelons concernés, ce dès le début de carrière.

3. L'indice sommital de la deuxième classe du corps des professeur.e.s d'université (PR2) passera à la hors-échelle B (heB) par l'ajout d'un 7e échelon. Ce rehaussement réduira significativement (450 euros bruts mensuels) le différentiel de fin de carrière pour celles et ceux qui, trop nombreux, restent bloqué.e.s dans ce grade à cause du faible taux de promotions à la première classe. Les PR2 à l'indice sommital actuel (A3) ont bénéficié d'un gain dès septembre 2017.

4. Le rehaussement à la hors-échelle B de l'indice sommital des maîtres.ses de conférences, rejoint la revalorisation obtenue par les professeur.e.s agrégé.e.s. Il s'opère par l'ajout d'un échelon en fin de hors-classe qui, à la différence des PR2, sera contingenté à 10 % des effectifs du corps. La création de cet échelon spécial donne donc lieu à une nouvelle procédure d'évaluation. Les promotions se répartiront à parts égales entre le CNU et les établissements.

La FSU signataire du protocole PPCR (Parcours Professionnels, Carrières, Rémunérations) a toujours reconnu l'insuffisance de celui-ci mais s'est également battue pour que les revalorisations des grilles et de la carrière puissent conduire à une meilleure reconnaissance des qualifications et à une revalorisation des salaires indispensables et attendues depuis la création de la hors-classe en 1989. Le report de la mise en œuvre de certains dispositifs de PPCR par l'actuel gouvernement est une remise en cause de la parole de l'État et une atteinte au pouvoir d'achat de tous les fonctionnaires. Dans le même temps, le gel du point d'indice en 2018 (alors que la FSU était parvenue à négocier une légère augmentation de 1,2% de celui-ci en deux temps : juillet 2016 et février 2017) ainsi que l'augmentation de la CSG constituent une nouvelle dégradation de nos rémunérations. La FSU entend obtenir du gouvernement l'avancement des négociations dans le cadre du rendez-vous salarial en mars prochain au lieu du mois d'octobre.

Depuis leur création, les syndicats de la FSU œuvrent et revendiquent pour la reconnaissance des métiers et pour la revalorisation des agents de la Fonction publique par l'intermédiaire des grilles de carrière et de la valeur du point d'indice, et non par le biais de la rémunération indemnitaire, non prise en compte dans le calcul des pensions, et soumise à l'arbitraire des décisions des supérieurs hiérarchiques. C'est la continuation d'une lutte qui existe depuis la création du statut de la Fonction publique d'État. Statut, carrière, rémunération sont intimement liés. L'ensemble des mesures PPCR constitue la dernière avancée de cette bataille et, bien qu'insuffisant, il est un point d'appui pour continuer à avancer sur ce dossier.

i. Au lendemain de la libération, un nouveau statut pour les salariés de l'État voit le jour. Pour installer le fonctionnaire au service de l'intérêt général (et non du politique et de la hiérarchie) c'est la loi, puis les textes réglementaires qui définissent le cadre juridique d'emploi. Ils constituent le statut général et les statuts particuliers. Reçus aux concours de recrutement, les candidats deviennent fonctionnaires d'état et intègrent une carrière (avec un emploi correspondant au grade du fonctionnaire et une rémunération de manière croissante et prévisible durant une durée définie). La carrière est constituée, d'un ou plusieurs grades et d'un nombre d'échelons par grade qui vont déterminer le salaire de départ et la progression salariale. En 1989, après une année de mobilisation pour la revalorisation du métier, le gouvernement met en place un deuxième grade dit « grade hors-classe ». La carrière est alors composée de deux grades, mais l'accès à la hors-classe n'est pas automatique. Avec l'arrivée de cette hors-classe et les changements intervenus en 2004 sous le gouvernement Fillon, c'est un changement de paradigme important que veut imposer l'administration. C'est l'appréciation par les hiérarchies qui exclut ou permet d'y accéder. Dès 1989 nous avons combattu cette dénaturation du statut en imposant un barème d'accès à la hors-classe valorisant la durée de service pour permettre à tous d'accéder à ce grade et d'avoir une carrière complète.

ii. Sur le plan de la rémunération, l'ensemble des fonctionnaires est rémunéré par un même élément : le point d'indice. La valeur du point d'indice est donc le point commun des salaires des fonctionnaires dont les carrières sont toutes référencées sur une grille indiciaire. Le nombre de points d'indices par échelon varie en fonction des corps. Ce sont les textes réglementaires qui fixent la valeur du salaire. Le salaire peut progresser, par une augmentation de la valeur du point d'indice (pour l'ensemble des fonctionnaires) ou par une augmentation du nombre de points correspondant à l'échelon.

iii. Face à la baisse continue du pouvoir d'achat (désindexation des salaires sur les prix) et le blocage depuis juillet 2010 de la valeur du point d'indice, la FSU avec ses syndicats n'a cessé de mobiliser et porter ses revendications lors des discussions ouvertes au ministère de la fonction publique et dans tous les ministères où elle est représentée. Les négociations qui en ont découlé se sont traduites par le déblocage de la valeur du point d'indice (+0,6% en juillet 2016 et 0,6% en février 2017) pour les 5 millions de fonctionnaires en activité, et l'installation d'une nouvelle carrière avec de nouvelles grilles indiciaires. Malgré les insuffisances, c'est une première étape de revalorisation de nos métiers et une amélioration globale de la carrière. PPCR ne marque pas la fin des revendications salariales et l'ensemble des syndicats de la FSU continue de mener la bataille.

Avec 35 % d'agents contractuels, le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche détient le triste record du plus haut taux d'emplois précaires de toute la Fonction publique. En effet, 40 % des personnels BIATSS, 30 % des personnels enseignants et 20 % des chercheur.euse.s sont en CDD. A cela il faut ajouter les plus de 130 000 vacataires qui assurent des cours dans nos établissements. Le protocole Sauvadet, s'il a permis la titularisation d'une partie des personnels non enseignants, est contourné par beaucoup de DRH d'établissements qui ne renouvellent pas les contrats au-delà de 5 années afin de ne pas devoir « CDiser » les agents. Ce dispositif arrivant à son terme, la FSU intervient actuellement auprès du ministère de l'action et des comptes publics pour garantir un dispositif de titularisation plus satisfaisant.

L' « autonomie » des établissements a permis aux gouvernements successifs de déléguer la baisse du financement par étudiant.e aux directions locales. En effet, la hausse du nombre d'étudiant.e.s (plus 250 000 en 8 ans soit + 11 % ) n'a pas été accompagnée par une hausse comparable du budget de l'enseignement supérieur (+ 8 %). Il en a résulté l'impérieuse nécessité de gérer la pénurie et de réaliser des économies qui ont engendré des réductions de l'offre de formation et surtout une baisse de l'emploi titulaire au profit de l'embauche de personnels contractuels moins bien rémunérés et plus « flexibles » en cas de difficultés budgétaires. Entre 2009 et 2017, ce sont 7 000 emplois titulaires qui ont été perdus tandis que sur cette même période 14 000 contractuel.le.s étaient recruté.e.s par les établissements. Actuellement si le nombre d'enseignant.e.s-chercheur.euse.s titulaires baisse et que le nombre d'agents non enseignants titulaires progresse, c'est principalement dû au dispositif « Sauvadet » pour lequel, les agents de catégorie A ne sont pas éligibles. La FSU agit auprès du ministère pour qu'un nouveau dispositif soit mis en place qui permette une meilleure prise en compte des emplois des corps d'enseignant.e.s, de chercheur.euse.s et d'enseignant.e.s-chercheur.euse.s.

Le site "Riposte Laïque" a menacé nommément des enseignantes, des enseignants et des inspectrices en appelant à leur lynchage sur les réseaux sociaux et leur renvoi de l'Éducation nationale, en raison de leurs positions critiques contre l'instrumentalisation nationaliste de l'histoire.

La FSU dénonce ces méthodes inacceptables de mise en cause publique et affirme son soutien à ces collègues. Elle encourage la poursuite de leurs travaux pour que, dans le travail didactique et pédagogique des enseignants, soient questionnées les relations entre histoire et idéologie.

La FSU a pris connaissance des mesures annoncées par le gouvernement concernant l'apprentissage.

Elle estime que celles-ci sont dangereuses pour les jeunes et pour l'ensemble de la formation professionnelle initiale (scolaire et apprentissage). Alors qu'aujourd'hui l'urgence est de permettre à tous les jeunes d'accéder à une formation débouchant sur un diplôme, le gouvernement fait le choix dogmatique du développement de l'apprentissage aux niveaux bac et pré-bac. Cette orientation va exacerber la concurrence entre les systèmes de formation professionnelle au détriment de leur qualité et de l'accueil des jeunes.

Le gouvernement veut implanter des formations en apprentissage dans tous les lycées professionnels alors que les formations en alternance sous statut scolaire permettent une meilleure sécurisation du parcours des jeunes avec un taux d'accès au diplôme plus élevé.

De plus, le gouvernement propose une refonte du financement qui va déboucher sur une nième réforme de la taxe d'apprentissage.

La FSU rappelle que l'ensemble des systèmes de formation doivent être financés, y compris les formations technologiques et professionnelles au lycée et au collège, afin d'assurer la qualité des formations qui y sont dispensées.

La relance du pré-apprentissage ou la mesure permettant aux CFA de garder les jeunes en CFA après une rupture de contrat risquent d'accentuer le nombre de jeunes qui quittent prématurément l'école et alimentera le nombre très élevé de jeunes sans qualification et sans emploi.

Concernant les mesures pour les jeunes apprenti-es, elles ne sont pas à la hauteur de leurs attentes. Encore une fois, l'État décide de financer massivement les contrats d'apprentissage par l'argent public pour rendre quasiment nul le coût de la signature d'un contrat d'apprentissage par une entreprise pour les jeunes mineurs.

En modifiant les conditions de rupture du contrat d'apprentissage, le gouvernement prend le risque de voir ces ruptures augmenter dans les années à venir et fragilise ainsi davantage le parcours de formation de ces jeunes.

Ces mesures risquent de multiplier les effets d'aubaine pour les entreprises qui préféreront « embaucher » des apprentis plutôt des jeunes salariés déjà formés.

Concernant la certification professionnelle et le contrôle de la qualité de la formation dispensée dans les CFA, la FSU rappelle le rôle primordial de l'état dans ce domaine. Les diplômes doivent rester sous la compétence des ministères concernés. Le contrôle de la formation professionnelle initiale doit être assuré par le service public d'éducation, seul à même de mener une évaluation indépendante.

La FSU demande à être reçue rapidement par le Premier Ministre.

POUR LES MISSIONS PUBLIQUES, L'EMPLOI, LE POUVOIR D'ACHAT
TOUTES ET TOUS MOBILISE-E-S LE 22 MARS

En dépit de la forte mobilisation unitaire du 10 octobre, plus les semaines passent, plus il se confirme que le Président de la République et le gouvernement demeurent sourds aux légitimes revendications portées par les agents à l'occasion de cette mobilisation.
Le gel de la valeur du point est maintenu, le jour de carence rétabli, l'injuste hausse de la CSG mal compensée, les coupes budgétaires et suppressions d'emplois confirmées.
De nouveaux projets viennent encore noircir un tableau pourtant déjà bien sombre.
Tout laisse craindre en effet que CAP 22 ne s'avère être qu'une opération visant à habiller de profondes remises en cause des missions publiques, ce que confirment les annonces inacceptables faites le 1er février qui, si elles sont appliquées, constitueraient à la fois une menace grave contre le Statut Général et tou.te.s les agent.e.s.
Ces politiques vont venir fortement aggraver une situation où déjà, que ce soit dans les administrations de l'État, dans les hôpitaux publics et dans les collectivités territoriales, on ne compte plus les services fonctionnant dans des conditions dramatiques, sans les moyens nécessaires – qu'ils soient humains ou budgétaires – et dans lesquels les conditions de travail sont détériorées comme jamais.

IL EST IMPÉRATIF ET URGENT DE CHANGER DE DIRECTION !

Parce que la Fonction publique est garante de l'intérêt général au service de la cohésion sociale, parce que les moyens existent pour mettre en oeuvre des orientations de progrès social pour tous, les organisations syndicales CFTC CGC CGT FAFP FO FSU Solidaires, constatant que leurs positions ne sont pas entendues et que leurs propositions ne sont pas prises en compte, appellent tou.te.s les agent.e.s des trois versants de la Fonction publique à :

UNE JOURNÉE D'ACTION, DE GREVE ET DE MANIFESTATIONS
LE 22 MARS 2018

Pour :

  • Une négociation salariale immédiate pour le dégel de la valeur du point d'indice, le rattrapage des pertes subies et l'augmentation du pouvoir d'achat ;
  • L'arrêt des suppressions d'emplois et les créations statutaires dans les nombreux services qui en ont besoin et non un plan destiné à accompagner de nouvelles et massives suppressions ;
  • Un nouveau plan de titularisation des contractuel.le.s, de nouvelles mesures pour combattre la précarité et non pour favoriser son extension comme le préconise le gouvernement ;
  • Des dispositions exigeantes pour faire respecter l'égalité professionnelle ;
  • L'abrogation du jour de carence ;
  • La défense et la pérennisation du système de retraite par répartition et des régimes particuliers.

D'ores et déjà, nos organisations soutiennent toutes les mobilisations qui, dans les trois versants de la Fonction publique, défendent les services publics accessibles à toutes et tous et les conditions de travail, en appelant à leur convergence.
Pour contribuer à la réussite de cette journée, elles engagent une campagne d'information et d'alerte des personnels, notamment sous la forme d'une pétition unitaire.

Paris, le 7 février 2018

La FSU, engagée au quotidien pour la réussite de tous les jeunes, pour l'égalité et pour la démocratisation scolaire, réaffirme la nécessité de conforter et renforcer la voie professionnelle publique.

Les établissements publics d'enseignement professionnel, qu'ils relèvent du Ministère de l'Éducation nationale ou des Ministères chargés de l'Agriculture ou des Affaires maritimes, sont une voie de réussite pour de nombreux jeunes. Ils accueillent tous les élèves sans sélection préalable et sans discrimination.
Souvent le dernier rempart pour lutter contre le décrochage scolaire, la voie professionnelle scolaire permet aux jeunes d'accéder à un premier niveau de qualification par un diplôme – deux éléments essentiels pour sécuriser leur parcours scolaire et professionnel – et pour beaucoup d'avoir la possibilité de poursuivre des études dans l'enseignement supérieur.

Pourtant, cette voie est fréquemment fragilisée par les choix politiques successifs.

Une fois de plus, pour répondre aux exigences des seules organisations patronales, le gouvernement va accentuer les difficultés des établissements publics. Les mesures envisagées comme la modification des dispositifs de financement, les modifications des systèmes de gouvernance renforçant le poids du privé, le mixage des parcours et des publics, la fusion des diplômes professionnels, le renforcement du rôle des branches dans les programmes et les politiques certificatives, ne sont aucunement motivées par l'intérêt des jeunes. Ces dispositifs vont au contraire aggraver leurs conditions d'études et mettre à mal le travail des personnels.

Dans un contexte où les défis à relever sont nombreux : transition écologique, numérique, lutte contre le chômage des jeunes, la FSU rappelle que la place des établissements publics de formation professionnelle doit être confortée et renforcée. Avec un meilleur taux d'accès au diplôme, la voie professionnelle publique contribue davantage à éviter les sorties sans qualification. Enfin, elle assume pleinement la double finalité des diplômes : poursuite d'études et insertion professionnelle.

La FSU et ses syndicats SNUEP, SNETAP, SNES et SNEP appellent les personnels à se mobiliser pour l'enseignement professionnel public, pour une action publique d'éducation au service de l'intérêt général, de la réussite des jeunes et pour que les personnels retrouvent les conditions de travail leur permettant de mener à bien la mission de service public d'éducation.

POUR LES MISSIONS PUBLIQUES, L'EMPLOI, LE POUVOIR D'ACHAT
TOUTES ET TOUS MOBILISE-E-S LE 22 MARS

En dépit de la forte mobilisation unitaire du 10 octobre, plus les semaines passent, plus il se confirme que le Président de la République et le gouvernement demeurent sourds aux légitimes revendications portées par les agents à l'occasion de cette mobilisation.
Le gel de la valeur du point est maintenu, le jour de carence rétabli, l'injuste hausse de la CSG mal compensée, les coupes budgétaires et suppressions d'emplois confirmées.
De nouveaux projets viennent encore noircir un tableau pourtant déjà bien sombre.
Tout laisse craindre en effet que CAP 22 ne s'avère être qu'une opération visant à habiller de profondes remises en cause des missions publiques, ce que confirment les annonces inacceptables faites le 1er février qui, si elles sont appliquées, constitueraient à la fois une menace grave contre le Statut Général et tou.te.s les agent.e.s.
Ces politiques vont venir fortement aggraver une situation où déjà, que ce soit dans les administrations de l'État, dans les hôpitaux publics et dans les collectivités territoriales, on ne compte plus les services fonctionnant dans des conditions dramatiques, sans les moyens nécessaires – qu'ils soient humains ou budgétaires – et dans lesquels les conditions de travail sont détériorées comme jamais.

IL EST IMPÉRATIF ET URGENT DE CHANGER DE DIRECTION !

Parce que la Fonction publique est garante de l'intérêt général au service de la cohésion sociale, parce que les moyens existent pour mettre en oeuvre des orientations de progrès social pour tous, les organisations syndicales CFTC CGC CGT FAFP FO FSU Solidaires, constatant que leurs positions ne sont pas entendues et que leurs propositions ne sont pas prises en compte, appellent tou.te.s les agent.e.s des trois versants de la Fonction publique à :

UNE JOURNÉE D'ACTION, DE GREVE ET DE MANIFESTATIONS
LE 22 MARS 2018

Pour :

  • Une négociation salariale immédiate pour le dégel de la valeur du point d'indice, le rattrapage des pertes subies et l'augmentation du pouvoir d'achat ;
  • L'arrêt des suppressions d'emplois et les créations statutaires dans les nombreux services qui en ont besoin et non un plan destiné à accompagner de nouvelles et massives suppressions ;
  • Un nouveau plan de titularisation des contractuel.le.s, de nouvelles mesures pour combattre la précarité et non pour favoriser son extension comme le préconise le gouvernement ;
  • Des dispositions exigeantes pour faire respecter l'égalité professionnelle ;
  • L'abrogation du jour de carence ;
  • La défense et la pérennisation du système de retraite par répartition et des régimes particuliers.

D'ores et déjà, nos organisations soutiennent toutes les mobilisations qui, dans les trois versants de la Fonction publique, défendent les services publics accessibles à toutes et tous et les conditions de travail, en appelant à leur convergence.
Pour contribuer à la réussite de cette journée, elles engagent une campagne d'information et d'alerte des personnels, notamment sous la forme d'une pétition unitaire.

Paris, le 7 février 2018

André Tricot est professeur de psychologie à l'ESPE de Toulouse. Il conduit ses recherches dans deux domaines : les apprentissages et leurs difficultés ; l'activité de recherche d'information dans les environnements numériques.

Est-ce qu'on est plus motivé quand on apprend avec le numérique ?
Les études empiriques dans le domaine semblent montrer qu'en moyenne oui. Mais c'est une moyenne. Parfois la motivation est améliorée, parfois non, mais les cas où elle est améliorée sont plus comparativement plus fréquents. On comprend aujourd'hui un peu mieux pourquoi cette amélioration n'est pas systématique.
Par exemple, deux collègues néerlandais ont analysé les résultats des études à propos des jeux sérieux : dans ce cas-là, la motivation n'est pas meilleure qu'une même situation d'apprentissage sans jeu sérieux. Peut-être parce que les élèves sont aussi des enfants et quand ils jouent avec de « vrais jeux » numériques ils s'amusent tellement que les jeux sérieux ne tiennent pas la comparaison ? C'est ce que semble montrer une étude auprès de lycéens israéliens. À cet âge-là, certains élèves semblent même comprendre que l'école, c'est fait pour apprendre et la maison, c'est fait pour s'amuser. Quand on arrête de les prendre pour des imbéciles certains élèves peuvent se révéler assez intelligents, bizarrement.
Un autre exemple concerne les tâches. Une étude auprès de lycéens, à Toulouse cette fois-ci, montre qu'une tablette améliore la motivation (par rapport au papier) pour une tâche de lecture, mais pas pour une tâche de rédaction.
Certains lycéens semblent avoir compris ce que les adultes qui propagent le mythe des digital natives* ne sont pas capables de comprendre : savoir utiliser une tablette ou un ordinateur, cela ne veut rien dire ! Ce qui compte c'est : quel logiciel pour réaliser quelle tâche ?

Le numérique améliore-t-il les apprentissages scolaires ?
On ne peut pas répondre de façon générale à cette question. Cela dépend à chaque fois de quel apprentissage on parle, pour quels élèves, pour apprendre quoi et dans
quelles conditions. Par exemple, le cas célèbre des exerciseurs numériques montre que ce type de logiciel peut être très efficace si et seulement si on est là pour renforcer des savoir-faire dans des domaines bien définis (où il est possible de définir de façon univoque ce qu'est une bonne réponse et ce qu'est une mauvaise réponse). Mais les exerciseurs ne servent pas à découvrir, ni à comprendre, ni à conceptualiser.
Leur utilité en salle de classe est sans doute très circonscrite. L'utilisation de cartes numériques interactives est sans doute d'un grand apport dans l'enseignement de la géographie. Wikipédia est sans doute utile pour se faire rapidement une première idée raisonnablement bonne d'un sujet qu'on connaît peu, si et seulement si on maîtrise des compétences dans le domaine de l'évaluation de la fiabilité des sources, etc. Chaque type d'outil qui présente une plus-value du point de vue des apprentissages présente une plus-value très spécifique.

Pensez-vous que les élèves d'aujourd'hui qui ont grandi dans un environnement numérique (digital natives) utilisent mieux le numérique pour apprendre ?
Non pas du tout. Aucune donnée empirique, en l'état actuel des connaissances, ne vient étayer ce point de vue, pourtant fort relayé depuis 2001. Les élèves d'aujourd'hui ne sont pas une population homogène, pas plus qu'à mon époque nous n'étions tous lecteurs de bande dessinée. Les adultes et les personnes âgées d'aujourd'hui ne sont pas non plus homogènes dans leurs attitudes ou compétences
vis-à-vis du numérique.
En outre, comme je l'ai indiqué précédemment, dès que l'on s'intéresse aux usages concrets, on constate que ce qui compte ce n'est pas « le numérique », « l'ordinateur » ou même « la tablette » mais bien quelle application est utilisée pour réaliser quelle tâche. Un adolescent peut passer 9 heures par jour à utiliser des outils numériques sans utiliser de logiciel de traitement de texte. Du coup, le jour où
il doit rédiger un texte à l'aide d'un tel logiciel pour la première fois, il est extrêmement malhabile. Un adolescent peut être très efficace pour trouver un article sur Wikipédia tout en ayant des lacunes très importantes sur le fonctionnement éditorial de cette encyclopédie en ligne, qui reste très opaque à plus de 90 % de ses usagers (alors qu'une dizaine de clics suffisent pour comprendre ce fonctionnement).

Comment promouvoir la laïcité aujourd'hui ?
Ce n'est pas la même chose selon qu'on pense au principe en général ou au rôle spécifique de l'École à cet égard.
D'une façon générale, l'État doit avoir un discours clair sur le principe, un discours adossé aux droits, aux libertés, qui fait place à l'altérité. Quant au ministère de l'Éducation, il a en outre une mission éducative sur la laïcité. Il s'agit non seulement de faire connaître le principe, mais de le faire aimer, autrement dit de faire sentir sa valeur. La Ligue de l'enseignement s'y est attelée depuis 30 ans. Il serait judicieux
de s'emparer de ses travaux (on peut voir son site).

Le Conseil des sages peut-il avoir un rôle dans cet objectif ?
La question se pose. Les conflits sous-jacents semblent aigus. À preuve, la composition du Conseil n'est pas encore arrêtée alors que sa présidente a été désignée mi-décembre. Ce conseil a été présenté comme une instance qui traiterait du quotidien des problèmes de laïcité à l'école. En avions-nous besoin ? À l'école, le quotidien est traité par la pédagogie, et de plus il y a des référents laïcité à tous les niveaux.
Mais peut-être ce conseil pourrait-il expliciter la philosophie de la laïcité. Comment vivre en commun en ayant de la considération les uns pour les autres ? L'Observatoire de la laïcité, lui, reste adossé au droit. Leurs rôles seraient alors
complémentaires.

La question des mères voilées en sorties scolaires relance-t-elle le débat ?
Le président Macron a amorcé un discours inclusif sur les questions de laïcité et de religion en France, mais ce discours n'est pas encore calé pour faire référence. Les déclarations récentes du ministre de l'Éducation sur les mères voilées qui accompagnent les sorties le montrent, et elles constituent un mauvais message envoyé aux associations de parents, ainsi qu'aux personnels. Cela crée de la confusion dans les écoles et autour, cela accroît la crispation à l'égard des signes d'islam dans la vie sociale. Alors que la ministre précédente cherchait à apaiser en mettant l'accent sur le geste professionnel, cela risque de renouer avec un débat clivant.

Le 1er comité interministériel de la transformation publique s'est réuni le 1er février. Il clarifie et confirme les orientations inquiétantes du gouvernement concernant l'avenir de la fonction publique. Si celles-ci aboutissent, elles la transformeront en profondeur. Ce serait la fin d'une fonction publique au service de l'intérêt général.

La FSU demande depuis des mois des discussions et un réel dialogue social. Elle découvre aujourd'hui que, sans qu'il y ait eu de réelles concertations avec les organisations syndicales, des décisions seraient déjà prises comme l'objectif d'aller vers une rémunération différenciée, le développement d'un management centré sur l'individualisation ou le recours aux contrats pour « donner davantage de souplesse dans les recrutements ». Ces objectifs constituent une attaque en règle contre les conditions d'emploi des agent.e.s.

La FSU propose au contraire depuis des mois un chantier sur les recrutements et les pré-recrutements mais sûrement pas pour aller vers moins d'emplois ni plus de précarité.

La qualité des services publics à rendre aux usagers, la nécessité de ces services publics sur l'ensemble du territoire, la défense de l'intérêt général, appellent au contraire à créer des emplois qualifiés pérennes et de qualité.

Quant à la question du rendez-vous du printemps sur les rémunérations, la FSU ne se contentera pas d'un simple « point d'étape » mais réaffirme sa demande d'un rendez-vous salarial digne de ce nom, c'est-à-dire une concertation débouchant sur une amélioration significative des salaires pour toutes et tous les agent.e.s.

La FSU sera donc présente et active dans la concertation que mène le gouvernement début 2018.

Elle appelle les agent.e.s à s'engager et à se mobiliser pour leur avenir comme pour celui de la fonction publique, et pour la défense de leur pouvoir d'achat.

Les Lilas le 2 février 2018

Le 1er comité interministériel de la transformation publique s'est réuni le 1er février. Il clarifie et confirme les orientations inquiétantes du gouvernement concernant l'avenir de la fonction publique. Si celles-ci aboutissent, elles la transformeront en profondeur. Ce serait la fin d'une fonction publique au service de l'intérêt général.

La FSU demande depuis des mois des discussions et un réel dialogue social. Elle découvre aujourd'hui que, sans qu'il y ait eu de réelles concertations avec les organisations syndicales, des décisions seraient déjà prises comme l'objectif d'aller vers une rémunération différenciée, le développement d'un management centré sur l'individualisation ou le recours aux contrats pour « donner davantage de souplesse dans les recrutements ». Ces objectifs constituent une attaque en règle contre les conditions d'emploi des agent.e.s.

La FSU propose au contraire depuis des mois un chantier sur les recrutements et les pré-recrutements mais sûrement pas pour aller vers moins d'emplois ni plus de précarité.

La qualité des services publics à rendre aux usagers, la nécessité de ces services publics sur l'ensemble du territoire, la défense de l'intérêt général, appellent au contraire à créer des emplois qualifiés pérennes et de qualité.

Quant à la question du rendez-vous du printemps sur les rémunérations, la FSU ne se contentera pas d'un simple « point d'étape » mais réaffirme sa demande d'un rendez-vous salarial digne de ce nom, c'est-à-dire une concertation débouchant sur une amélioration significative des salaires pour toutes et tous les agent.e.s.

La FSU sera donc présente et active dans la concertation que mène le gouvernement début 2018.

Elle appelle les agent.e.s à s'engager et à se mobiliser pour leur avenir comme pour celui de la fonction publique, et pour la défense de leur pouvoir d'achat.

Les Lilas le 2 février 2018

Pour la FSU, un.e jeune de moins de 18 ans n'a pas sa place ailleurs qu'à l'École. Tout.e élève doit donc poursuivre sa formation initiale jusqu'à 18 ans, sous statut scolaire car c'est au système scolaire d'assurer la formation initiale des jeunes et répondre aux éventuelles difficultés scolaires.

La contribution de la FSU à l'occasion de la concertation "Apprentissage" :

Le SNUipp-FSU, le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNUEP-FSU et le SNASUB-FSU, syndicats de l'éducation nationale réclament une réelle prise en compte de la santé des personnels

C'était quand votre dernière visite médicale ? Ils lancent une grande campagne pour réclamer une médecine de prévention de qualité, au service des enseignants et de leurs élèves.

Un clic pour s'adresser au ministre et au recteur
Pour s'adresser au ministre et au recteur , réclamer un véritable service de prévention et demander sa visite quinquennale ,

c'est ici

En construction

Le rapport Mathiot publié mercredi 24 janvier est supposé poser les bases d'un "nouveau baccalauréat pour construire le lycée des possibles ". En vérité, il donne à voir une imitation de l'enseignement supérieur déclinée pour le Second degré et conçue pour un lycéen qui n'existe pas, à savoir l'élève qui serait autonome avant d'apprendre à l'être, une sorte d'"auto-entrepreneur " de sa vie… Dès 15 ans.

La commission Mathiot avait pour mission de proposer des pistes pour une réforme du baccalauréat jugé trop lourd, trop coûteux, peu lisible et d'envisager les incidences sur l'organisation du lycée. Au final, ce rapport propose une réforme en profondeur du lycée et de son organisation dans lequel il appartiendrait à l'élève de construire son propre parcours en vue de se préparer pour l'enseignement supérieur : la « réforme s'inscrit dans la continuité logique du Plan étudiant et de la transformation d'APB en Parcoursup ». Renforcement de l'autonomie des établissements, suppression des séries, organisation en semestre et réduction du nombre d'épreuves terminales sont au cœur de la réflexion.

Le lycée prôné par la commission s'articule autour de 3 « unités » organisées en 6 semestres :

une unité générale, qui relève du tronc commun pour l'ensemble des élèves :
seconde semestre 1 : Français, Maths-Info, HistGéo, « Sciences » (PhysChim + SVT), Anglais, LV2, SES, EPS, « enjeux du monde contemporain » = 25h
seconde semestre 2 : Français, Maths-Info, HistGéo, Anglais, LV2, EPS, EMC = 19h
première : Maths, Français, HistGéo, Anglais, LV2, EPS = 15h
terminale : Culture et démarche scientifique, Philosophie, HistGéo, Anglais, LV2, EPS = 12h

une unité d'approfondissement et de complément (majeures / mineures / mineures optionnelles)
seconde semestre 1 : un enseignement optionnel parmi LCA, LV3, Arts, EPS, section euro, création et culture du design, arts du cirque ; = 3h ou plus (type option lourde) (« dans des conditions comparables à la situation actuelle »)
seconde semestre 2 : deux majeures parmi SVT, PhysChim, SES, Littérature, Sciences de l'ingénieur et technologie et une mineure parmi les majeures non choisies, PFEG, sciences de labo, MPS, CIT, ISN, Arts appliqués (« selon l'offre locale » = 7h + la mineure optionnelle choisie au semestre 1
cycle terminal : une majeure parmi les 15 ou 17 couplages nationaux (Mahs/SES, SES/Histoire Géo, Lettres /Arts, Littérature étrangère /LVA-LV2, Lettres / LCA, Maths / informatique, Maths /Physique Chimie, Physique Chimie /SVT, Maths / Sciences de l'ingénieur + majeures « technologiques »…), deux mineures obligatoires et une mineure optionnelle qui devra avoir été suivie en première.

Une unité d'accompagnement (orientation, projet, méthode) pour un volume de 2h en seconde et de 3h en cycle terminal.

C'est sur cette architecture que doit se comprendre la réforme du baccalauréat proposée par la commission Mathiot :

Une épreuve anticipée de Français en classe de première comptant pour 10% de la note finale.
Evaluation des majeures (deux disciplines) au retour des vacances de printemps en terminale comptant pour 25%
Une épreuve terminale (juin) de Philosophie comptant pour 10%
Un grand oral (juin) comptant pour 15%

Ces évaluations terminales comptent pour 60% de la note finale. Les 40% restant résultent de la prise en compte du travail réalisé au cours du cycle terminal. 3 scénarii sont proposés : le résultat d'épreuves ponctuelles en première et terminale, des épreuves ponctuelles additionnées pour une part marginale des moyennes de bulletin de première et terminale, la seule prise en compte des moyennes de bulletins de première et terminale.

Au-delà des aspects organisationnels rendus extrêmement compliqués (emplois du temps élèves et enseignants…) la réforme globale proposée par la commission Mathiot est porteuse de risques non négligeables qui la rende inacceptable pour la FSU.

La construction par l'élève de son propre parcours le rend de facto responsable de ses réussites comme de ses échecs. L'élève fera selon ses goûts et ses capacités… c'est là le retour de la théorie des dons chère au libéralisme
Effectuer des choix dans un système aussi complexe en ayant en point de mire une orientation bien définie du post bac ne sera possible que pour les élèves (avec les parents) disposant des codes. Les élèves les plus fragiles risquent de voir s'accentuer leurs difficultés à naviguer dans le système. Le lycée modulaire est un lycée inégalitaire.
La diversité de l'offre ne sera pas possible dans l'ensemble des lycées sur l'ensemble des territoires. On va donc assister à un renforcement des inégalités territoriales, à une mise en concurrence entre les établissements.
La semestrialisation des enseignements est la porte d'entrée à une annualisation des services et à une révision des ORS des enseignants. Le rapport le pointe : « Dans un scénario où l'on envisagerait que les élèves puissent pleinement choisir leurs majeure et mineure (…) il faudrait envisager que la variation possible des heures de service entre deux semestres soit permise par le cadre réglementaire. (…) [Il faudrait que] la variation possible des heures de services soit encadrée et modérée (exemples : de 16 à 20 heures pour un certifié, de 13 à 17 heures pour un agrégé) »
Une autonomie renforcée : « Nous ne croyons pas que le nouveau lycée puisse être construit à partir d'un cadre national détaillé duquel il serait difficile de s'échapper.(…) Le lycée (…) peut devenir encore plus autonome, notamment dans l'utilisation de la dotation horaire globale. (…) Le Conseil pédagogique veillera à accompagner (…) l'organisation des épreuves ponctuelles. (…) Il pourrait aussi être force de proposition s'agissant de l'organisation des Unités 2 et 3. (…) Ces principes (…) étant posés, il ne nous semble ni légitime ni approprié de faire des propositions précises s'agissant aussi bien des volumes horaires discipline par discipline, semestre après semestre, que de l'organisation des semestres ou des choix précis en matière d'offre de formation »
Les hiérarchies disciplinaires sont maintenues voire renforcées par le jeu des majeures et la proposition d'une liste nationale de doublettes, concurrence entre disciplines (horaires, effectifs).
Les évaluations en cours de cycle dans les établissements menacent le caractère national du diplôme et font courir le risque de diplôme maison
Poids accru du conseil pédagogique (avec volonté d'y faire entrer parents et élèves)
A l'aune de cette réforme, les programmes seront révisés mais comment ? dans quel sens ? pour quels objectifs ? Quels repères (semestriels ?) ?
Très grand flou sur les horaires disciplinaires et « silence assourdissant » sur les Heures à effectif réduit

La FSU et ses syndicats revendiquent un tout autre lycée et une toute autre réforme du Bac. Elle a des propositions et des revendications qu'elle portera tout au long des discussions. C'est pourquoi nous appelons à la réussite de la journée d'action du 6 février.

2 600 suppressions d'emplois dans le second degré et 200 suppressions d'emplois de personnels administratifs. Le comité technique ministériel du 20 décembre a examiné la répartition des moyens attribués aux académies pour la prochaine rentrée.

Second degré sacrifié
On sait depuis octobre que le budget 2018 a prévu pour le second degré public la suppression de 2 600 emplois de stagiaires et donc des crédits correspondants. Le ministère continue d'affirmer sans démonstration que ces suppressions seront sans impact sur les « moyens d'enseignement », confondant à dessein les postes non pourvus aux concours de recrutement et les moyens horaires attribués aux académies. Il n'a donc donné à ce CTM aucune indication sur les conséquences dans les académies de ces suppressions de crédits pourtant inscrites au budget 2018 et qui correspondent à l'équivalent de 1 300 moyens d'enseignement à temps plein devant les élèves.
Le second degré public s'est vu par ailleurs doté, in extremis, de 120 emplois en application du « plan étudiants » pour la mise en place des dispositifs d'accompagnement. Selon le ministre, la répartition des moyens entre les académies pour la rentrée 2018 prend en compte « l'évolution prévisionnelle des effectifs d'élèves et la poursuite du développement des enseignements facultatifs en collège ».
Alors que 26 000 élèves supplémentaires sont attendus, on assiste à une vaste opération de redéploiement entre les académies mais les plus touchées sont celles qui concentrent les difficultés sociales avec un fort poids de l'éducation prioritaire : Lille : – 136 emplois (– 0,5 %) ; Amiens : – 1 (– 0,7 %) ; Caen : – 87 (– 1 %) ; Rouen : – 77 (– 0,7 %) ; Nancy-Metz – 100 emplois (– 0,7 %)… Les académies qui gagnent des emplois sont celles qui sont en forte augmentation démographique.
L'attribution des moyens aux établissements est en cours. Les premiers éléments venant des académies semblent indiquer que les collèges, en poussée démographique forte en Sixième, seraient à leur tour sacrifiés, alors que le ministère annonçait en décembre leur attribuer des moyens au motif de la poursuite de leur réforme… Les suppressions d'emplois se solderont en fait par une augmentation des heures supplémentaires (+16 % en collège dans l'académie de Versailles, même tendance à Lille) ou par des détériorations des conditions d'enseignement (hausse du nombre d'élèves par classe, réduction d'horaires d'enseignement, etc.).

Dans le 1er degré, le budget 2018 adopté par le parlement prévoit la création de 3 881 postes à la rentrée prochaine. Le ministère a fait le choix de les consacrer exclusivement à la poursuite du dédoublement des classes en CP en REP et CE1 en REP+. Conjuguées à une faible baisse du nombre d'élèves, ces créations auraient dû être l'occasion de diminuer les effectifs dans toutes les écoles où les classes sont surchargées, d'améliorer les remplacements, de développer le plus de maîtres, les Rased, la formation des enseignants, de faciliter l'inclusion scolaire … Bien que l'ensemble des créations de postes sera affecté à ce dédoublement, cela sera insuffisant car il en faudrait près de 6 400. Des centaines de postes de « plus de maîtres », de Rased, de remplaçants, de classe ordinaire … risquent d'être ainsi supprimés. Si l'abaissement des effectifs en éducation prioritaire est encore plus légitime qu'ailleurs, le seul effort fait en direction des CP et CE1 sans les créations de moyens nécessaires va se réaliser au détriment de la réussite de tous les élèves et ne permet pas de remédier efficacement à la difficulté scolaire, de travailler autrement dans les classes, de scolariser des 2 ans … L'école primaire française largement sous-investie et marquée par des inégalités insupportables doit faire l'objet d'un engagement financier massif pour réaliser les transformations nécessaires, à commencer par une baisse des effectifs. Le budget 2018 ne répondait pas à cet enjeu de société. Les choix faits par le ministère y répondent encore moins.

AESH, un rideau de fumée
Le ministère a beau jeu d'afficher la création de 6 400 emplois d'AESH. Ce ne sont en fait que la transformation d'emploi de CUI en emploi d'AESH prévue par le gouvernement précédent. Pour les personnels en CUI, cela peut se révéler être un changement positif… à condition qu'ils disposent du diplôme pour pouvoir prétendre à un tel contrat ou bien d'une expérience de 2 années sur des missions d'accompagnement. Or, la formation de ces personnels étant au moins aussi carente que celle des fonctionnaires, il n'est pas sûr que l'État leur ai permis de passer le diplôme.
Par ailleurs, le ministère provisionne 4 500 équivalent temps plein d'AESH sur les crédits de fonctionnement. Là encore il s'arrête au milieu du gué et met les personnels et les élèves en difficulté. Les personnels car le ministère ne crée pas d'emplois qui leur garantirait une certaine sécurité et un salaire décent, ce qui risque de conduire au recrutement de nouveaux CUI du fait d'un vivier insuffisant et les élèves car cette méthode de fonctionnement ne leur garantie pas d'avoir auprès d'eux des personnels qualifiés et pérennes.

A l'occasion des états généraux des SEGPA, la FSU a tenu une conférence de presse pour faire le point de l'actualité à l'Education Nationale. Elle a dénoncé le « scientisme » du ministre, le gel salarial, la multiplication des chantiers ouverts et la sélection instaurée à l'entrée des universités. Elle a annoncé des actions dès février et une mobilisation nationale en mars.

Alors que le ministre s'était donné comme règle de ne pas faire de grande réforme éducative, il ouvre les chantiers à un rythme effréné sur fond de pilotage par les sciences. Tous les discours du ministre mettent en avant les neurosciences qui expliqueraient comment résoudre les difficultés de l'école. Niant l'expertise des enseignants, le ministre s'engage dans une démarche mécaniste des apprentissages. La FSU s'interroge sur la nécessité du conseil scientifique récemment créé et dénonce les risques de voir les enseignants rendus responsables des échecs alors que le point noir de l'école française c'est la corrélation entre inégalités sociales et scolaires.

Les annonces médiatiques du ministre JM Blanquer et ses premières mesures sont en décalage avec les besoins réels du système éducatif. L'objectif de réduire les inégalités, si prégnantes en France, ne semble plus être un objectif prioritaire quand on constate le manque d'investissement dans l'éducation.

Dans le premier degré les opérations de carte scolaire vont permettre de démontrer que la dotation de 3880 emplois servira exclusivement à répondre à la commande du ministre de dédoubler les CP en REP, et les CE1 en REP+, et encore il faudra fermer des classes pour atteindre cet objectif. Le SNUipp-FSU a déposé un préavis national de grève qui sera décliné par des alertes sociales dans les départements pour permettre les mobilisations (grève, manifestations, rassemblements, conférences de presse…) et mettre en évidence l'insuffisance des moyens pour améliorer la qualité de l'enseignement.

Dans le second degré, le 6 février contre l'insuffisance des dotations aux collèges et lycées, contre une réforme qui déstructurerait le lycée, dégraderait nos conditions de travail (semestrialisation, etc.), les disciplines et l'orientation, le SNES-FSU et le SNUEP-FSU appellent à la grève. À ce jour, le SNEP-FSU et le SNETAP-FSU soutiennent la mobilisation et Sud éducation appelle à la grève alors que FO se prononcera au soir du 1er février.

Dans le supérieur la mise en service de la plateforme Parcoursup qui remplace le système APB et qui est censé mettre fin au tirage au sort dans certaines filières en tension, risque de se traduire par une sélection à l'entrée de l'université. Pour faire face à l'afflux d'étudiants et leur donner à tous la possibilité de poursuivre des études, c'est bien de moyens supplémentaires qu'il faut doter l'université française qui souffre déjà d'un manque d'investissement comparé aux autres systèmes universitaires. Le 1er février, à l'appel des organisations étudiantes et lycéennes UNEF, UNL, SGL, de la FSU, FO, CGT, Solidaires, des assemblées générales seront réunies dans les établissements pour mettre en débat des actions de grèves locales sur la question de l'accès à l'enseignement supérieur et de la réforme du lycée.

Face à la “réforme de l'apprentissage” qui se met en place en reléguant les lycées professionnels et à la prétendue “revalorisation de la voie professionnelle” dont les premiers éléments risquent encore de fragiliser nos établissements, la FSU avec le SNUEP-FSU, le SNES-FSU, le SNEP-FSU et le SNETAP-FSU organise un colloque le 8 février « la formation professionnelle des jeunes, il y a les lycées pour ça ! » pour démontrer le rôle primordial des lycées dans la formation professionnelle des jeunes.

Dans le cadre d'un temps fort, la FSU rendra compte de l'ensemble de ces initiatives le 7 février ainsi que les suites envisagées.

La FSU, dans la poursuite des actions engagées pour la résorption de la précarité, avec notamment l'action du 8 novembre dernier, alerte le gouvernement. Avec un agent sur cinq qui est contractuel et la fin du dispositif Sauvadet, il est indispensable de prendre des mesures pour aller plus loin dans les dispositifs de titularisation des agents. La situation de non éligibilité de nombreux collègues candidats du concours réservé 2018 est un éclairage sur la nécessité d'assouplir les règles pour mettre un terme à la précarité.

En matière de reconnaissance salariale, la FSU a exprimé son refus du gel de la valeur du point d'indice, alors qu'elle avait obtenu le dégel en 2016 dans le cadre du protocole PPCR, qu'elle a signé. Avec PPCR, c'est la première fois depuis 25 ans que des négociations portaient sur des améliorations générales. Remettre en cause PPCR revient à stopper ces premières avancées et à contribuer à baisser le pouvoir d'achat des agents (gel de la valeur du point, hausse de la CSG dont la compensation pourrait s'avérer incomplète pour certains agents, hausse des cotisations retraites, instauration d'une journée de carence …). Il s'agit d'une trahison de la parole donnée par l'État.

La journée unitaire du 10 octobre a permis d'enclencher une lutte portée par une large intersyndicale dans un contexte de divisions syndicales, particulièrement au niveau interprofessionnel. La fonction publique a montré que quand il y a la volonté de dépasser des divergences syndicales en s'accordant sur la question du pouvoir d'achat des agents, il était possible de s'adresser ensemble au gouvernement.

Devant les réponses inconséquentes du gouvernement, la FSU est déterminée à agir dès le mois de mars pour la revalorisation salariale, l'emploi et les conditions de travail et l'a proposé aux autres organisations syndicales. Le gouvernement n'a pas fermé la porte à un rendez-vous salarial au printemps. L'intervention et la large mobilisation des agents seront déterminantes pour peser sur le rendez-vous salarial.

Réforme du baccalauréat, assises de la maternelle, enseignement professionnel, conseil scientifique, conseil des sages, dégradation des conditions de scolarisation des élèves à la prochaine rentrée ... par petites touches, le Ministre de l'Éducation bouleverse en profondeur le système scolaire.

Mais le Ministre ne peut pas installer ces multiples conseils sans écouter la parole des professionnels de l'Éducation !
C'est pour nous faire entendre afin d'assurer réellement la réussite de tous les jeunes que la FSU appelle à se mobiliser les 6 et 7 février prochains !

Et elle appelle toutes les fédérations de fonctionnaires à la rejoindre dans une action courant mars pour obtenir une meilleure reconnaissance de nos métiers et la revalorisation de nos salaires.

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